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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 12:49

 

Le pouvoir politique doit être capable d'imposer une vision lucide, durable et courageuse de l'accroissement de puissance pour le bienfait de tous... ce qui suppose bien sûr, par anticipation en amont sur les questions de sécurité, que nos forces ne soient pas placées dans des situations inextricables. Celui-ci a ainsi d'abord un devoir de cohérence vis-à-vis des personnels servant au sein de nos forces de sécurité, sur les principes et la vision d'ensemble concernant nos intérêts vitaux, sur les engagements pris, sur les moyens humains et matériels consacrés dans la durée à ces missions régaliennes.

 

Or quand on privilégie une approche globale, l'abolition des frontières, la perte de souveraineté organisée dans nombre de domaines, le pouvoir exorbitant concédé aux multinationales et à la finance (de nouveaux seigneurs de la guerre!) ravalent de fait les membres de notre représentation nationale au statut de simples exécutants, de commis ou même de nervis au vu de leur agressivité, et non pas de personnes véritablement décisionnaires. Le mondialisme "néo-libéral" porte ainsi atteinte frontalement à la souveraineté de notre pays, tant il implique de renoncer à celle-ci d’un point de vue économique, mais aussi politique (un double reniement), dans le cadre de l’OMC mais aussi celui de la construction institutionnelle européenne, d'où la distance creusée entre le principe de souveraineté (les interdépendances ne justifient pas tout) et la pratique politique de ces dernières décennies, qu'il devrait s'agir de combler sauf à considérer qu'une mise sous tutelle définitive de notre pays doive devenir la norme, la mise à bas de fait de la République, un idéal européiste ou euro-atlantiste, la citoyenneté française, un simple passeport pour l'obtention d' un statut de réfugié politique ailleurs qu'en «France»... Amoindrir la place et le rôle de l' Armée en tant qu' institution ne représente alors qu' une déclinaison partielle et fort logique de ce mouvement d'ensemble qui s'est développé ces dernières décennies.

 

Car si les militaires sont «ceux qui expriment de manière emblématique l’intérêt de la Nation dans ce qu’elle a de plus précieux : sa survie», celle-ci n'est de toute façon pas possible dans une économie largement financiarisée... L'armée comme «ultima ratio», l'ultime recours, est donc en ce sens un leurre! Il aurait fallu préciser à quel stade de développement d'une situation paroxystique et sous quelle forme les militaires (avec quels effectifs?) auraient été tenus d'intervenir en conscience, comme sur quels sujets ils seraient aujourd' hui libres de s'exprimer au préalable, alors qu'à l'évidence le facteur temps joue déjà contre notre Nation, que l'urgence est même si criante qu'il y a un fort risque pour des esprits devenus lucides d'avoir bientôt à faire face à des dégâts irrémédiables!

 

Sans parler de la question qui court plus qu'en filigrane, celle de la légitimité et de l'exemplarité des «élites», de leur sens de l'intérêt général qui suppose entre autres une culture du temps long. En conséquence, la sécurité au sens républicain du terme ne peut être autre chose qu'un concept global. Pour être effective, celle-ci suppose l'imbrication étroite de l'Armée et de la Nation, que chaque militaire puisse s'exprimer sur l'ensemble des sujets de débat, que l'institution assume son rôle de garant de la République à tous les niveaux, a fortiori depuis l'abandon de la conscription!

 

Car enfin quel Stratège au service de la France, de la République et des Français aurait validé la politique menée depuis plusieurs décennies !?! Ici, nous évoquons juste quelques dossiers qui auraient pu susciter une prise de position forte de nos militaires, en éludant volontairement nombre de dossiers diplomatiques lourds.

 

-le passage en force sur le Traité de Lisbonne au mépris du vote souverain des Français de 2005? Il suit un agenda de dissolution de la Nation et de la République, jamais présenté aux Français, d'où les pratiques massives de mensonge institutionnalisé. De plus, avec l'expérience d' une civilisation du droit écrit courant sur plus de 2000 ans, constatons qu'avec la crise les règles de ce «Traité» n'ont même pas été respectées... Cet acte gravissime peut dès lors être considéré comme le premier facteur d'insécurité pour les Français !

 

-1800Md de dette publique, un hasard? Juste un instrument employé par certains cercles du pouvoir, le même système dévoyé d'étranglement progressif (néo-impérialiste) qu'on avait d'abord réservé aux Pays en Voie de Développement... La structure du système actuel est mise à nue dès lors qu'on se penche sur l'abandon par l'Etat de son pouvoir de battre monnaie à partir de 1973 au profit du secteur bancaire privé, avec aujourd'hui l'impôt sur le revenu qui «s'évanouit» dans le paiement des intérêts de la dette.

 

-la perte pour les contribuables d'environ 10Md sur la dernière privatisation de concessions autoroutières? Une routine telle qu'un ancien inspecteur des Finances (Le Roux) évalue en moyenne la perte générale pour l'Etat sur 20 ans de privatisations à la moitié de la valeur des biens...

 

-le dispositif de défiscalisation des plus-values sur la vente des parts d'une entreprise, rattaché à la loi Copé, pour une perte pour le budget de l'Etat de plus de 18,6Md en deux ans (2008-2009)? La preuve (énième) que le report sur le lancement du deuxième porte-avions sur la base de «contraintes budgétaires» relève d'un mensonge d'Etat... avec dans la continuité, la dissuasion promise à passer sous son seuil critique!

 

-plusieurs dizaines de milliers de victimes (civiles) sur les dossiers sanitaires comme celui de l'amiante? Les atteintes diverses portées à la cohésion sociale et nationale? De simples déclinaisons d'une véritable politique d'abandon... etc...

 

Le «devoir de réserve» apparaît alors comme bien trop accomodant vis-à-vis de n'importe quelle équipe au pouvoir, la porte ouverte à toutes sortes de dérives. Car un pouvoir qui a muté, s'appuyant surtout sur les banques centrales ou d' affaires et leurs pratiques massives de blanchiment d'argent sâle, les multinationales, les acteurs de la finance, les grands groupes de médias, le contrôle d'internet, à terme sur les sociétés privées de sécurité... ce pouvoir-là ne peut plus réserver aux forces républicaines de sécurité et à une institution comme l'Armée qu' un rôle supplétif et dévoyé!

 

Avec plus de 1500 ans de culture étatique derrière nous, faute chez nos élites d' un état d'esprit fort au service de la France, de la République et des Français, un délitement généralisé ne peut être une surprise (le faible taux de renouvellement des contrats au sein de l'Armée en témoigne directement). Il m' apparaît clair dans le contexte actuel que même les militaires se sont globalement laissés déborder par le pouvoir politique ces dernières décennies... Tout a été et est encore implacablement mis en oeuvre pour que les Français se retrouvent désarmés! Mais pire encore, ceux-ci ont pris des coups de manière anormale sans qu'aucun garde-fou ne joue vraiment son rôle!  La raison profonde de la dissolution progressive des liens entre l'institution Armée et la Nation se situe sans doute d'abord là...

 

Pour conclure, à partir de ce constat et pour revenir à une situation beaucoup plus salubre, il me semble souhaitable pour notre pays, confrontés que nous sommes à une situation de crise majeure qui nous laisse désormais à la croisée des chemins, de pouvoir compter dès maintenant dans la sphère politique sur la plupart des militaires en retraite et des personnes de leur entourage, d'abord ceux qui aujourd'hui peuvent agir et s'exprimer le plus librement. Cette forme d'intervention me semble beaucoup plus judicieuse... Tous ont l'influx nerveux indispensable face à l'inertie du plus grand nombre, et sont les mieux à même d' organiser ce type d'impulsion décisive dont le pays et leurs compatriotes ont grandement besoin: ils sont tout de même plusieurs millions... Et de fait, une structure de communication seule, facilitant l'organisation de débats auprès du grand public à échéances régulières sur tous les arbitrages géostratégiques du pouvoir en place, se révèlerait très insuffisante au vu du calendrier électoral et à l'importance des enjeux pour notre pays. Or, un pays qui n’est pas fort sur son propre territoire ne dispose plus d’aucune capacité de projection hors de ses frontières, et ceci pas seulement sur un plan militaire.

 

Enfin, comme nous considérons à l'IRC qu'une vision globale stratégique permet de déterminer les leviers d’expression de puissance de la France, les objectifs à atteindre, les moyens à mettre en oeuvre hors de toute considération trop dogmatique ou partisane, comme nous ne cautionnons en aucune façon les pratiques biaisées de désengagement de l'Etat sur ses missions régaliennes, parcequ'il s'agit là d'une politique d'abandon telle qu'on l'a connue aux pires heures de notre Histoire, j'espère que nombre de Français considèreront de près nos analyses et nos propositions, qu'à l'avenir nous puissions tenir un rôle allant au-delà de celui de francs-tireurs...

 

 

le 10 mars 2011,                                                                                             (Tous Droits Réservés)

 

Samuel Dezanneau, Président de l'IRC

 

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commentaires

fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 21/06/2011 17:50



Bonjour,


 


Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.


 


Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.


 


La Page No-16, THÉORÈME DE KONDRATIEFF .


 


LA CRISE ÉCONOMIQUE EST-ELLE FINIE ?


 


Cordialement


 


Clovis Simard



peu importe 05/06/2011 10:15



Ecxellente analyse cher Samuel Dezanneau,mais nul présence dans la presse ecrite ou télévisuelle de quelquoncs pans de votre réflexion ,"le stratagème des chaines"fonctionne bien pour
"moutoniser" une partie(trop grande) de nos compatriotes. 


Courage on vous soutien,vous présenterez-vous en 2012?


 



06/06/2011 08:02



Je vous remercie pour vos commentaires.


L' élection de 2012? On peut penser à différentes échelles de temps, mais pas au point que 2011 passe à la trappe. Je considère qu'un homme d'Etat aurait obtenu des résultats tangibles en
moins de 6 mois, ne serait-ce que sur la fiscalité. Donc la question préalable serait plutôt de savoir ce que fait Fillon à Matignon depuis plus de 4 ans. Evidemment, l' objectif reste
de prendre le pouvoir pour refondre le système actuel, car Sarkozy et Fillon ne comptent pas, ni leurs "opposants officiels" d'ailleurs...


A noter que votre soutien peut aussi s'exprimer par une adhésion, le montant en a été fixé à 12 euros exprès pour que l'effort ne soit insurmontable pour personne. De plus, dans les mois à venir,
cela nous facilitera les négociations avec d'autres mouvements alternatifs... Car le mode de scrutin majoritaire à deux tours est en lui-même censitaire dans la mesure où il n'existe
pas vraiment de vote en conscience (pure) au 1er tour, pas de représentation fidèle à la réalité du paysage politique (d'où l'abstention!). Pour mener ce combat politique, il faut donc avoir une
stratégie sur "3 tours", éviter une "candidature de témoignage"...


S.Dezanneau



Philippe Carlen 23/05/2011 22:04



Cher Monsieur


votre approche de la crise de souveraineté est originale pour qui n'est pas spécialiste des armées. Mais bien plus, votre analyse embrasse toutes les facettes des multiples abandons auxquels nous
assistons. Chacun sait d'ailleurs que d'autres pans républicains ne tarderont pas à tomber. Plus qu'une crise, nous assistons peut-être à la mise en pièce de notre civilisation par une de ses
valeurs devenue incontrôlable: l'argent


En complément, et sur un autre plan, me permettez-vous d'inviter vos lecteurs à lire quelques éléments fictionnels ici : http://leromandelacrise.unblog.fr/


Bravo pour votre blog qui honore l'idée de démocratie



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  • : Le blog de samuel dezanneau
  • : je présente une alternative pour sortir de la crise, mettre fin au creusement des déficits publics, dans le cadre de la Francophonie, pour bâtir un monde multipolaire!
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