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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 13:06

Le 11 janvier, la France est intervenue dans le conflit au Mali.  Ce qui risque de déranger rapidement la classe politique française, c'est qu'il s'agit d'une guerre à caractère souverainiste marqué (la préservation de l'intégrité du territoire malien et de sa culture)! Nombre de pays africains apportent d'ailleurs leur concours (Togo, Tchad, Nigéria, Sénégal) à cette intervention, de manière directe ou indirecte. Ainsi, les principaux soutiens de la France sont africains, pas européens: une vérité terriblement dérangeante pour ceux qui nous vendent l'Union européenne fondée sur des dogmes purement mercantilistes et totalitaires comme un projet d'avenir, surtout quand on songe en plus aux sabordages ahurissants de nos "élites" quant à notre propre souveraineté.

 

J'ai toujours affirmé que la France doit considérer la Francophonie comme un axe stratégique majeur à un niveau équivalent sinon supérieur à un projet européen (ne parlons pas de l'UE!), par exemple pour résorber totalement notre dette publique (cf Partie 1). Il y a donc presque 7 mois que j'ai réclamé cette intervention. On perçoit tout de même largement à quel point F.Hollande s'est laissé déborder par les évènements, se retrouvant dès lors à l'opposé de sa prise de position du 12 novembre 2012... Quant aux politiciens centristes (Bayrou, Borloo) parlant d'urgence avec un an de retard, ils se révèlent pitoyables et terriblement cyniques si dans la continuité l'on songe au sort de la RDC!  Voici l'article en question...

 

 

 

L'indépendance d'une zone au Nord du Mali a été proclamée de manière unilatérale le 4 avril 2012 par le MNLA (mouvement national de libération de l'Azawad, dit laïque) et le groupe islamiste Ansar Dine (Défenseur de l'Islamisme), le premier mouvement étant en lutte depuis cinquante ans. Le pouvoir en place, de transition après un coup d'Etat avorté, n'a pu empêcher les assauts des touaregs qui se sont alors emparés de Tombouctou, Gao et Kidal, les trois grandes villes du Nord, où la charia a ensuite été imposée à la population. En plus de cette crise qui menace de s'étendre à d'autres pays et de la migration de 200000 personnes fuyant les combats, le Mali est frappé comme sept autres pays du sahel par une importante crise alimentaire, désormais récurrente, pouvant évoluer dans les mois prochains en famine.

 

Force est de constater qu'à l'IRC, nous avions anticipé il y a déjà quelques années ce type de scénario, l'aspect non sécuritaire de notre approche se traduisant par un progressisme très marqué dans notre projet francophone. (cf Programme)

 

 

Quel a été l'arbitrage rendu par F.Hollande (au 21 juin 2012)?

 

Seule est apportée en l'état la garantie d'un soutien (logistique) de la France à une opération militaire de la Cedeao (Communauté économique des Etats d'afrique de l'Ouest), décidée sous l'égide de l'ONU.

 

Or les moyens militaires de la Cedeao ne sont pas adaptés à la région. Ils sont aussi marqués par l'inexpérience des troupes et du commandement. Une seule mission de cette nature (l'Ecomog à la fin des années 1990 au Liberia) avait auparavant tourné au fiasco. De même, le délai de constitution d'une force de 2000 hommes est d'un mois alors que le facteur temps est primordial à prendre en considération tandis que la France est déjà prépositionnée en Afrique de l'Ouest.

 

De plus, rien ne s'oppose sur le principe à ce que celle-ci mène ou contribue à mener une guerre de Libération dans un pays francophone souverain, une guerre telle qu'on l'a connue dans notre pays il y a plus d'un demi-siècle avec l'appui de combattants africains, tandis que les autorités maliennes de transition veulent légitimement restaurer l'intégrité territoriale du Mali, dont les frontières avaient d'ailleurs été fixées par la France. Les flux migratoires provoqués par ce type de crise contribuent aussi à destabiliser des pays qui n'en ont certainement pas besoin... De fait, un européiste forcené comme F.Hollande s'est placé dans les pas de Mitterrand dont la plupart des arbitrages se révèle au final désastreux pour notre pays, le PS ayant largement contribué à altérer les capacités de défense de notre pays par des abandons massifs sur nos instruments de souveraineté dans le brouet qu'est l'Union européenne, mais il est bon qu'il en mesure enfin les conséquences en France comme hors de nos frontières, car il y a continuité entre la situation de la France et celle du Mali, et qu'il les assume! L'affaiblissement de l'Etat ou la faiblesse d'un Etat peu structuré débouche aussi sur la guerre, et pire que tout, la guerre civile

 

En outre, où se situe donc la cohérence d'ensemble des positionnements de la France après une décennie d'intervention sur le théâtre afghan alors que nos intérêts y sont pourtant plus restreints que sur le continent africain, beaucoup plus proche à tous niveaux!?! Ces mouvements islamistes et séparatistes dans la zone du Sahel se financent également grâce au trafic de drogue ainsi que aux rapts de civils occidentaux (dans cette situation, le sort des six otages français importe peu) et ont peut-être été renforcés par des combattants originaires d'Afghanistan et du Pakistan (instructeurs en provenance de Somalie), des Nigérians de la secte Boko Haram...

 

Relevons aussi tout de même que nos partenaires africains ne veulent aucune intervention de l'Otan sur le sol africain, celle-ci étant d'ailleurs étroitement imbriquée au projet institutionnel européen (UE) comme à celui du grand marché transatlantique, tout comme ils l'ont refusée puis dénoncée auparavant en Lybie : ils veulent conserver leur souveraineté face au néo-impérialisme des pays occidentaux ! Une ligne néo-conservatrice vise à destabiliser tous les pays de la région, comme nos gouvernements l'ont déjà pratiquée en Lybie ou en Afrique centrale. D'ailleurs, il y a bien eu dispersion d'armements mais surtout de combattants dans toute la région consécutive à la guerre en Lybie : Hollande se retrouve donc sur son arbitrage présent à renforcer la politique de Sarkozy, alors que la France dispose de moyens conséquents pour mener une autre politique au Sahel. Nous l'avions déjà souligné après plusieurs enlèvements d'otages au Niger... Une ligne mercantiliste produit souvent les mêmes effets: le Qatar, allié de la France, est impliqué dans le financement voire l'armement de ces mouvements terroristes (MNLA, Ansar dine, Aqmi, Mujao) selon la DRM (direction du renseignement militaire) et la DGSE, et aurait entamé des négociations avec Total pour l'exploitation du pétrole dans la région. Quant à l'Arabie saoudite, soutien de réseaux islamistes fondamentalistes à l'origine de la création de ces cellules terroristes, l'Etat français y négocie d'importants contrats d'armement...

 

Ajoutons qu'après avoir fait montre d'une solidarité vis-à-vis de la Grèce en zone euro, on est plus qu'en droit de s'interroger sur la faiblesse d'un engagement français dans un pays intégré à une zone monétaire dans laquelle nous sommes partie prenante depuis plus de 50 ans, une zone Franc CFA, déterminant la parité fixe entre Franc-CFA et euro-Franc, détenant nombre d'avoirs monétaires de nos partenaires africains! Comme si les rebelles touaregs allaient à terme se priver de battre monnaie... Là encore où est la cohérence, sinon dans l'imposture de responsables politiques qui mènent leur politique hors prise en compte de nos intérêts vitaux !?! L'IRC a d'ailleurs fait des propositions précises pour une refonte indispensable du système de Franc CFA, affirme avec force grâce à son projet de coopération qu'une politique francophone ambitieuse aurait dû depuis quelques décennies produire d'autres résultats sur le continent africain. A l'invers, paternalisme, néo-impérialisme ou simple collusion d'intérêts entremêlés nous mènent directement à ce type de scénario.

 

 

De quel humanisme le PS peut-il se prévaloir au final quand son bilan en matière de politique étrangère en Afrique comporte tout de même les immixtions du couple Mitterrand-Védrine dans les affaires Rwandaises dans les années 90 jusqu'à l'implication de la France dans le génocide, ce conflit s'étendant à la RDC (plus de 4 millions de morts, avec un laisser-faire de la France) un pays qui devrait pourtant être notre premier partenaire francophone et aujourd'hui, après tant d'autres dossiers nauséabonds, quand cet arbitrage de F.Hollande concernant le conflit au Mali n'est qu'évanescent et somme toute indigne !?!

 

Ainsi, aucune décision de l'ONU ne remplacera un engagement ferme de la France vis-à-vis de ses partenaires africains, pour la défense de ses intérêts vitaux comme l'affirmation d'une politique francophone ambitieuse et humaniste, autre que mercantiliste. Pour autant, peut-on espérer une évolution notable de F.Hollande sur ces points ? Certainement s'il jetait aux orties le costume de ses prédécesseurs, s'il décidait de mener une politique d'expression de puissance qui ne soit pas seulement celle du verbe ou bâtie pour le seul profit d'une minorité, ce qui supposerait de sa part lucidité et courage... Cela est peu probable sans pression des Français en ce sens, auquel cas, une « Présidence normale » ou « le règne de Clampin 1er du nom », ce serait du pareil au même !

 

En revanche, la position de l'IRC ne surprendra personne tant nos engagements sont limpides sur ces dossiers. Pour conclure, la meilleure des garanties relève tout de même de l'engagement de chacun dans un mouvement politique souverainiste comme l'IRC autour d'un projet de développement beaucoup plus auto-centré, ...

 

Nous comptons donc sur vous tous pour mener ce combat politique !

 

 

Le 21 juin 2012,

S.Dezanneau, Président de l'IRC

 

 

 

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