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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 15:04

     La France, la Francophonie contre la crise !

 

 

Introduction

Dans ce document de synthèse, avec une approche basée sur des principes stratégiques, je mets en avant des éléments d’appréciation souvent occultés…Je suis en effet persuadé qu’une vision globale stratégique permet de déterminer les leviers d’expression de puissance de la France, les objectifs à atteindre, les moyens à mettre en oeuvre hors de toute considération dogmatique ou partisane, avec à l’esprit qu’un pays qui n’est pas fort sur son propre territoire ne dispose plus d’aucune capacité de projection hors de ses frontières, et ceci pas seulement sur un plan militaire… De fait, la marge de manœuvre de la France demeure considérable ! 

Je propose donc un système de résorption de notre dette publique par adossement entre partenaires francophones, un rééquilibrage au profit de ceux-ci en Afrique (l’équivalent de 1500Md d'euros en actifs !) et pour nous l'arrêt de l'hémorragie puis le retour à un niveau d’endettement proche de zéro (donc la supression des intérêts de la dette: autour de 40Md d’euros chaque année tout de même). Nous pouvons traiter le problème de la dette publique dans ce cadre en moins de 10 ans, sans les problèmes provoqués par une politique traditionnelle de dévaluation massive...



 Un parallèle entre la France et l'Afrique

 

le Gouvernement français (UMP) creuse les déficits de plus de 190 Md d’euros sur les années 2008 et 2009, et ne s’inquiète pas du paiement des seuls intérêts de la dette pour un montant équivalent à une fois et demie le budget de la recherche ou à l’impôt sur le revenu, plus de 40Md… soit en deux ans un montant total de plus de 270Md d'euros équivalent à treize fois les pertes du Crédit lyonnais, une perte pour chaque Français de plus de 4200 euros, perte qui s’aggravera en l’absence d’équilibre budgétaire avant 2012. Pour se faire une appréciation juste, il suffit en fait de considérer les grands équilibres financiers de la nation  durant le mandat de N.Sarkozy qui n'avait pourtant pas fait la promesse électorale d'un appauvrissement quasi généralisé! Ainsi, 90% de la population française perçoivent un revenu mensuel inférieur ou égal à environ 3500 euros...
En outre, depuis que la France a concédé la gestion de sa dette publique à la sphère bancaire privée (1973), les contribuables ont payé plus de 1100 Md d’euros d’ intérêts, la dernière émission de monnaie par la BDF datant de 1974. L’ensemble du patrimoine collectivement détenu par les Français est donc à terme menacé puisqu’il faudra bien solder cette dette, la France risquant une mise sous tutelle...d’où la stratégie globale que j’ai élaborée!
En effet, dans le système financier actuel, le 2èm poste budgétaire de l'Etat français est consacré au remboursement des seuls intérêts de la dette, dit « charge de la dette », de même qu' on constate souvent chez nos partenaires africains un service de la dette (dette principale et intérêts) écrasant! L'écart entre niveaux de développement de nos pays respectifs joue certes le rôle de paravent, mais la logique sous-jacente et la tendance de fond demeurent les mêmes pour tous. On a là un élément parmi d'autres prouvant que « nos élites »  réservent de fait aux Français le même sort que celui qui a été réservé à l'immense majorité des Africains ...

 
Le «transfert» de la dette française
C’est pourtant une opportunité capitale que celle permettant le développement économique chez nos partenaires francophones et le comblement de nos déficits publiques, par l’exploitation intensive des monnaies (et parités monétaires) hors Europe, notamment les Franc congolais et Franc CFA : la reconnaissance réelle de ces monnaies suppose une autre vision globale car jusqu’à aujourd’hui aucune puissance industrielle n’a fondamentalement envisagé l'idée même du développement de l’Afrique, et personne ne veut mesurer tout l’intérêt d’outils financiers que l' Etat français ne possède plus aujourd’hui, outils dont savent pourtant user toutes les puissances émergentes…

Il s'agit:
- d'anticiper le poids à venir de l’économie de toute l'Afrique, en fait percevoir derrière son développement tous les effets de levier sur un plan également monétaire, diplomatique, culturel...
-d'employer le Franc congolais et le Franc CFA comme monnaies de substitution …Au total, l’encours de la dette française négociable à la fin décembre 2009 pesait 1148Md d’euros (Agence France Trésor), et par rapport à la dette détenue actuellement par les résidents français, on économiserait une quinzaine de milliards d’euros par an sur le seul service de la dette avec un dispositif inter-étatique sans paiement d'intérêts
-de reconsidérer le niveau actuel d’endettement du continent africain après ce «transfert de la dette française», car celle-ci constituerait un actif de première importance pour leurs pays selon un principe de base de l’économie financière…
-de prendre des garanties, redéfinir une parité fixe entre monnaies. L’ampleur programmée des investissements en Afrique comme la garantie et l’expérience apportées par l’Etat français contribueraient d’ailleurs à assurer la crédibilité des engagements de tous nos partenaires par rapport à leur monnaie. La convertibilité du Franc CFA est d'ailleurs garantie de manière illimitée par le Trésor public français,
même s'il s'agirait d'abord de veiller à ce que ce soit l'esprit républicain qui anime nos gouvernants...

Au-delà de ce premier objectif de «transfert» de la dette française sur le continent africain, on réaliserait un objectif encore plus ambitieux pour la France et nos partenaires…

 
la suppression de la dette publique française,
l'équivalent de 1500 Md d'euros d'actifs pour nos partenaires africains
Dans le cadre d’un partenariat stratégique avec l'Afrique francophone où l’on coordonnerait nos politiques monétaires, il s’agirait en fait de privilégier un équilibre beaucoup plus dynamique et qualitatif. On mettrait donc en place une autre politique de coopération (co-développement) sur ce continent clairement sous-endetté au vu des montants qui sont les nôtres en valeur absolue.
Sur un plan financier, grâce à ce mécanisme d’adossement entre la France et ses partenaires francophones , ces pays détiendraient ainsi  à terme l’essentiel de la «dette» de l’Etat français. L’économie réalisée par rapport au remboursement du seul service de la dette actuel contribuerait à la stabilisation de la dette française restructurée (emprunts d’Etat à «taux 0») ainsi qu’ aux investissements productifs (réseaux électriques, entreprises agricoles, centres de recherche, Défense aérienne «mutualisée», protection des ZEE etc...) dans une zone économique à la croissance déjà beaucoup plus forte qu’en Europe. Nous entrerions ainsi dans un cercle vertueux…
 
A une échelle plus vaste, on envisagerait alors un jeu complexe visant à terme soit l’annulation concertée des OAT  (obligations préplacées par exemple) émises par la
France et des emprunts de nos partenaires  portant sur des investissements beaucoup plus massifs, soit pour le paiement des investissements, une création monétaire qui entrainerait systématiquement la suppression d’ OAT françaises  pour un montant équivalent, selon une convention multilatérale (celle des protocoles financiers?), un principe qui revient à "monétiser" sur projet la dette française dans des pays largement sous-endettés par rapport à nous
En effet dans l’absolu, à quel niveau se situerait l’endettement de la France si, après ou pendant le transfert de la dette française dans le cadre de ce partenariat stratégique, les pays francophones "s’endettaient" alors progressivement dans tous les secteurs d’activité à hauteur de 1000-2000Md d’euros auprès de celle-ci???
La dette annulerait la dette!!!
Nos partenaires auraient donc la certitude de sortir rapidement du sous-développement, puisque la France y investirait plusieurs dizaines de milliards chaque année pour une période et selon des modalités à définir...

La dette française serait donc  globalement exprimée en Francs CFA et congolais de manière systématique , y compris concernant les collectivités locales, les PME-PMI innovantes (fonds dynamique d’investissement francophone) voire les grands groupes.
La coopération porterait sur un montant équivalent à au moins 400 Md d’euros pour chacune des zones Franc CFA et pour la zone Franc congolais, le volume d'affaires pouvant être beaucoup plus important au final puisque les Etats ne sont pas des acteurs économiques de premier plan dans nombre de secteurs d'activité. A noter que la masse monétaire du Franc CFA ou du Franc congolais est de toute façon beaucoup plus restreinte et contrôlée que pour le dollar ou l’euro, avec des parités monétaires à gérer par exemple par tranche équivalente à 120 Md d’euros sur 10 ans… Rappelons d'ailleurs ici que moins de 80Md d'euros par an pendant 10 ans suffiraient pour éradiquer la misère, pour permettre l’accès aux services de base (alimentation, eau potable, éducation primaire, soins de base)...
Même si les politiques monétaires doivent au départ être coordonnées, on doit clairement viser un système monétaire refondé des zones CFA dans un proche avenir après cette phase de transition.
Il s’agirait d’une rupture majeure dans les positionnements de la France en Afrique, tous les partenaires francophones compensant ainsi leurs propres faiblesses et renforçant leur poids économique et géopolitique respectif!
 
En outre, la France aurait ainsi la certitude absolue  de pouvoir intensifier au mieux les réformes structurelles sur son propre territoire… Il s’agit là d’une opportunité exceptionnelle pour notre pays, d’ une portée incommensurable sur un plan géopolitique pour l’émergence d’un monde multi-polaire .
Cependant à ce jour, au-delà du respect de certains critères de convergence de l’Union européenne, la politique européenne (exclusive et monolithique) de la France apparaît ainsi clairement en porte-à-faux puisque nous privant de nos atouts maritime et francophone.  Ainsi, la Francophonie est à considérer au même niveau que l’Europe institutionnelle, la France est à penser dans un bloc non nécessairement « occidental » ou transatlantique...L'intérêt fondamental du peuple français est de rompre avec ce système inique de la dette, de l'abandon de souveraineté sur les questions monétaires ;  il converge avec celui des peuples africains notamment francophones à sortir du sous-développement Pour une plus grande souplesse  d'action, la France doit donc parallèlement revenir au Franc français, ne serait-ce que pour les investissements publiques, et conserver l'Euro comme monnaie commune...

Plus globalement, cette démarche serait en outre d’autant plus pertinente que des oppositions notables (Amérique du Sud, pays du Golfe, Chine…) se font jour concernant le système financier international qui tangue aujourd’hui avant peut-être d’imploser demain…

 

S.Dezanneau                                                          (Tous Droits Réservés- texte actualisé en janvier 2010)

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