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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 14:24

 

 

La Guyane avec ses 86500 Km2 représente une surface équivalente à une dizaine de départements métropolitains. Dans le cadre plus général d'une véritable politique maritime, la France a l'opportunité de considérer ce territoire peu densément peuplé (3Hab/Km2) comme un relais de croissance extrêmement important, tout en y promouvant d'abord un développement plus autonome pour une intégration plus forte à la sous-région!

 

Avec de l' ordre de 0.4% de la population française et 0.16% du PIB français pour un sixième du territoire métropolitain, l' économie guyanaise est essentiellement de consommation donc clairement sous-productive, avec un poids du secteur public et de l' aérospatiale à pondérer à l'avenir… Or, une densité de population exceptionnellement basse peut être un atout majeur pour le développement de projets!

 

 

Politique d'aménagement du territoire

Considérant la structure administrative et territoriale actuelle comme inepte, l' IRC propose la création en Guyane de plusieurs départements basés sur les bassins versants (cf-réforme territoriale), autour de quelques fleuves et rivières (Camopi, Tampok, Mana, Sinamary, Approuage) c'est-à-dire incluant cette composante environnementale qu'est la gestion de l'eau. Il s'agit bien là d' une approche républicaine et innovante... Car parties intégrantes d’une politique de développement durable, la matérialisation des frontières, la structuration effective de cet espace territorial demeurent en effet des enjeux fondamentaux, a fortiori quand on évalue le nombre de clandestins entre 40000 à 60000 personnes pour 230000 habitants recensés! Par ailleurs, dans une logique de péréquation républicaine entre territoires, un certain nombre de fonds seraient attribués aux nouveaux Conseils généraux. Les natifs amérindiens auraient peut-être plus de chance de se faire entendre dans ce cadre là, car le maintien de l’arrêté préfectoral de 1970 maintenant en l’état le tiers sud du département ou la signature par la France de la convention 169 de l’ONU reconnaissant aux Amérindiens leurs droits primordiaux ne constitueraient pas une politique véritablement républicaine…

 

Nous nous ouvririons alors la possibilité de décongestionner les territoires des Antilles (densités 367 hab/Km2 en Martinique, 227 hab/Km2 en Guadeloupe), de mener une politique propre à dégager d'autres ressources pour le secteur de la recherche sur ces espaces de biodiversité exceptionnelle.

 

 

Une politique agricole ambitieuse

A cet effet, on pourrait mettre l’accent sur le développement agricole durable, dans le respect viscéral de la richesse biologique de cet espace, et créer jusqu' à 120000 exploitations de 20ha qui représenteraient 2,4 millions d’ha, 24000km2 soit 30% du territoire. Tandis que l'on compte nombre d'exploitations de seulement quelques hectares sur ce territoire ultramarin, une surface d'exploitation de 20Ha est un atout pour mener une politique de dévelopement durable. Parallèlement à une réforme du foncier aux Antilles, l'Etat pourrait rester le propriétaire des terres par mesure de sauvegarde et de contrôle, et faire signer un bail de 30 à 50 ans à chaque exploitant. Ce mouvement contrasterait fortement avec celui des dernières décennies en France! La priorité serait accordée aux ressortissants français, un tiers d'exploitations par aire géographique d' origine (aux Guyanais, aux Antillais, et autres Français). Faut-il faire mention du taux de chômage ahurissant des territoires d'outremer, avoisinant les 30% en Guyane? Ce projet permettrait de créer plus de 300000 emplois!

 

Par exploitation de 20Ha (à titre indicatif)

-10Ha d' oléagineux . (1,2 million Ha au total)

-5Ha pour l'exploitation de la biomasse, du bois.(Total 600000Ha)

-5Ha pour la production de ressources alimentaires. (Total 600000Ha)

 

La filière énergétique, biocarburants à base d’oléagineux ou exploitation de la biomasse, doit permettre l'autonomie de la région (Guyane, Antilles), et de dégager un excédent exportable vers la France métropolitaine. On y adjoindrait bien sûr la filière algocarburants au vu du taux d'ensoleillement plus élevé que sur la côte méditerranéenne (cf BFS-sortie de l'économie pétrolière)...

 

Le cahier des charges serait draconien, adapté pour gérer au mieux les risques d’érosion des sols et de pollution des eaux, ce qui signifie le maintien de larges corridors biologiques, d'un couvert végétal dense, et la pratique de cultures associées au détriment des pratiques de monoculture et d' élevage extensif.

 

 

Une politique environnementale

On trouve en Guyane une filière bois qui doit évidemment être développée, dans la continuité du programme de développement agricole... Par ailleurs, avec une exploitation des mines sous contrôle renforcé de l’Etat, on peut aussi poser le principe qu' une partie des ressources en or de la Guyane intégrerait les réserves de la Banque de France!

 

Le développement d’un pôle de recherche biologique sur les espaces forestiers protégés, disposant de moyens conséquents, est une priorité même si les ressources prélevées pour la recherche supposent bien une création de richesses en amont.... Sans projet ambitieux, l’Etat français adopte aujourd'hui une position figée au Sud du département avec le Parc national, et n’envisage que la création de quelques réserves intégrales au Nord, alors que la biodiversité y est plus importante... Ce pôle de recherche pourrait être étendu à un vaste pôle mondial de recherche sur les espaces de biodiversité de l’Outremer notamment dans un cadre francophone (songeons à l'Afrique centrale), même si à elle seule la France gère déjà cinq «points chauds» terrestres (sur 25) et aussi deux «points chauds» maritimes (sur 10).

 

Si l' IRC défend ce projet, c'est également parce que seule une politique globale de développement peut permettre de circonscrire au maximum le très haut degré de violence atteint sur le territoire guyanais! En effet, conséquence de l'orpaillage sauvage, la base du CNRS dans la réserve naturelle des Nouragues avait été saccagée en 2004. Les scientifiques avaient même dû se replier sur Cayenne suite à l’assassinat de deux gardiens par les orpailleurs en juin 2006. Si la Légion apporte un soutien aux forces de gendarmerie qui seules sont habilitées à appréhender les clandestins et orpailleurs, on ne peut exclure que l' Etat définisse à l'avenir des zones militaires exclusives pour le cas où ces moyens conventionnels de lutte contre la violence se révèleraient insuffisants.

 

De même, on ne saurait se calquer sur la politique suivie par le Brésil au nord de son territoire avec la création de Tumucumaque, un parc national inhabité même par des tribus indigènes, d' accès très difficile. Le Brésil, qui dispose d'un territoire immense, cherche en effet à en protéger seulement 10% au final, là où le projet de développement économique de l'IRC permettra d' en protéger de 50% à plus de 60%!

 

 

Une politique sanitaire décente

Nous sommes confrontés en Guyane à une situation critique quant à l'engagement républicain de l'Etat à assurer une qualité de services publics au plus grand nombre, notamment une couverture médicale décente. Si en France métropolitaine nous sommes toujours confrontés à une longue litanie de dossiers sanitaires tous aussi pourris les uns que les autres, conséquence de l' incurie de nos «élites» et de leur culture néo-impérialiste, d' un haut degré d'irresponsabilité savamment entretenue, les Guyanais ne sont malheureusement pas mieux lotis.

 

Le problème d’empoisonnement au méthylmercure de Guyanais est un scandale sans nom, car celui-ci est d' abord lié à un stricte problème d’application des lois républicaines en matière de sécurité face à l'orpaillage sauvage, et conduit nécessairement à l' implication des plus hautes autorités sur plusieurs législatures... Ancien ministre de l'intérieur, puis en tant que Président de la République, Sarkozy est directement concerné par cet échec et ne bénéficiera pas d'une immunité à vie...

 

Ainsi, l' IRC se fait volontiers le relais au niveau national de la plainte déposée en Guyane, plainte qu’on cherche à étouffer. Après une analyse effectuée au Japon (!), il a été prouvé que le taux de mercure dans le sang chez les enfants amérindiens est à 5 fois la norme de l’OMS! Rappelons que le méthylmercure cause des dommages irréversibles sur le système nerveux des personnes empoisonnées... On compte donc en Guyane plusieurs milliers de victimes, discriminées au sens fort du terme dans l'indifférence quasi-générale. Pourtant, un problème sanitaire de ce type se serait produit en France métropolitaine, nous aurions eu alors au moins 600000 victimes...

 

 

L' IRC est la seule formation politique à proposer la création d'un Ministère d'Etat en charge de la politique maritime auquel serait rattaché un secrétariat d'Etat à l'Outremer ne dépendant plus du ministère de l' Intérieur. Il s' agit là d' un «choix du grand large», une approche culturelle faisant cruellement défaut en France, avec des enjeux tels qu'on ne peut vraiment plus en faire l'impasse... En outre, avec la création de 120000 exploitations agricoles de 20Ha et de plus de 300000 emplois, on posera le principe de la préservation de l’environnement dans une logique effective de développement et de structuration spécifiques du territoire de la Guyane sans laquelle on continuera à assister à tous les débordements, une logique qui renforcerait aussi les dispositifs propres à faciliter une sortie de crise aux Antilles. Ce projet ambitieux de développement pourrait donc avoir des répercussions régionales importantes...

 

 

le 10 janvier 2011,

 

le Conseil national de l' IRC                                        (Tous Droits réservés)

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