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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 11:17

 

Il s'agit là d'un dossier emblématique et particulièrement révélateur puisqu'il n'existe pas aujourd'hui de projet global de développement de la Guyane à la hauteur des enjeux, alors que l'IRC pose dans son programme le principe de l'exploitation même partielle de tous les territoires de la République, pour le plein développement de notre potentiel humain!

 

La Guyane avec ses 86500 Km2 représente pourtant une surface non négligeable équivalente à une bonne dizaine de grands départements métropolitains. Dans le cadre plus général d'une véritable politique maritime, les Français ont donc l'opportunité de considérer ce territoire (patrimoine de l'Etat) peu densément peuplé (3Hab/Km2) comme un relais de croissance extrêmement important!

 

En effet, tandis que des archéologues trouvent en Guyane des traces de cultures permanentes sur sols très riches datant d'un millénaire, nos gouvernants ont été incapables d'y bâtir le moindre plan de développement agricole, même si les ressources de ce territoire sous climat tropical supposent une gestion fine et mesurée.

 

Certes on met en avant une politique environnementale, essentiellement pour la sauvegarde d'un patrimoine biologique. Cependant, sans création effective de richesses et d'emplois celle-ci tient à l'évidence du faux-semblant. D'ailleurs, là encore on élude le fait que la biodiversité plus importante au Nord découle pour l'essentiel d'une présence humaine de longue date...De fait l'écologisme renforce encore plus le totalitarisme de l'Union européenne, l'absence de projet de développement pour la Guyane, un territoire qui n'est en rien européen, témoigne clairement du néo-impérialisme de nos "élites"!

 

En plus du développement agricole, ce dossier permet également d'aborder les questions d'ordre démographique, de repenser la politique d'aménagement du territoire, en somme de retrouver une marge de manoeuvre en France métropolitaine en l'envisageant petit à petit comme «territoire d'émigration», dans le cadre plus général d'une véritable politique maritime pour l'exploitation de toutes nos ressources et d'une géopolitique des flux migratoires.

 

 

1-Une politique d'aménagement du territoire

Considérant la structure administrative et territoriale actuelle comme inepte, l'IRC propose la création en Guyane de plusieurs départements basés sur les bassins versants (cf-réforme territoriale), autour de quelques fleuves et rivières (Camopi, Tampok, Mana, Sinamary, Approuage) c'est-à-dire incluant cette composante environnementale qu'est la gestion de l'eau. Il s'agit bien là d' une approche républicaine et innovante... Car parties intégrantes d’une politique de développement durable, la matérialisation des frontières, la structuration effective de cet espace territorial demeurent en effet des enjeux fondamentaux, a fortiori quand on évalue le nombre de clandestins entre 40000 à 60000 personnes pour 230000 habitants recensés! Par ailleurs, dans une logique de péréquation républicaine entre territoires, un certain nombre de fonds seraient attribués aux nouveaux Conseils généraux. Les natifs amérindiens auraient peut-être plus de chance de se faire entendre dans ce cadre là, car le maintien de l’arrêté préfectoral de 1970 maintenant en l’état le tiers sud du département ou la signature par la France de la convention 169 de l’ONU reconnaissant aux Amérindiens leurs droits primordiaux ne constituerait en aucun cas une politique véritablement républicaine…

 

En conséquence directe, comme notre approche consiste bien sûr à promouvoir une politique républicaine d'aménagement du territoire, sans en laisser des pans entiers à l'abandon, la dernière réforme territoriale de l'UMP ne sera pas appliquée mais remplacée dès 2012...

 

 

2-Une politique agricole ambitieuse

A l'évidence en Guyane, le poids du secteur public et de l'aérospatiale sera à pondérer à l'avenir… A cet effet, on pourrait mettre enfin l’accent sur le développement agricole durable, dans le respect viscéral de la richesse biologique de cet espace, et créer par exemple 400000 exploitations de 6ha qui représenteraient 2,4 millions d’ha, 24000km2 soit 30% du territoire, tandis que l'on compte nombre d'exploitations de seulement quelques hectares sur ce territoire ultramarin. Parallèlement à une réforme du foncier aux Antilles, l'Etat pourrait rester le propriétaire du foncier en Guyane par mesure de sauvegarde et de contrôle, et faire signer un bail à chaque exploitant. Ce mouvement contrasterait fortement avec celui des dernières décennies en France. Nous serions alors très loin de l'économie financiarisée et du délire mégalomaniaque (mondialiste) du «grand Paris»! L'exclusivité totale serait accordée aux ressortissants français, en tenant compte de l'aire géographique d'origine (aux Guyanais, aux Antillais, et autres Français). Faut-il faire mention du taux de chômage ahurissant des territoires d'outremer, avoisinant les 30% en Guyane? Car suivant l'exemple mentionné auparavant, avec 10% d'emplois indirects, ce projet permettrait de créer plus de 880000 emplois!

 

Répartition des productions par exploitation (à titre indicatif)

La spécialisation énergétique de ce territoire est directement liée à sa faible densité de population et à la rentabilité de la filière!

-50% d'oléagineux. (1,2 million Ha au total)

-25% pour l'exploitation de la biomasse pouvant dépasser 10t/Ha/an, ou du bois(Total 600000Ha), avec extension éventuelle sur les forêts environnantes.

-25% pour la production de ressources alimentaires. (Total 600000Ha)

 

La filière énergétique, biocarburants à base d’oléagineux ou exploitation de la biomasse, doit permettre l'autonomie de la région (Guyane, Antilles), et de dégager un excédent exportable vers la France métropolitaine. On y adjoindrait bien sûr la filière algocarburants au vu du taux d'ensoleillement plus élevé que sur la côte méditerranéenne (cf BFS-sortie de l'économie pétrolière). Comme la température moyenne n'y est pas inférieure à 20°, même une politique immobilière ambitieuse ferait baisser la facture énergétique en France métropolitaine, soit par exemple pour 2,5 millions d'habitants pour une densité d'environ 30Hab/Km2, le décuple d'aujourd'hui...

 

La Guyane devrait en toute logique représenter un pôle énergétique majeur en France!

 

Le cahier des charges serait draconien, adapté pour gérer au mieux les risques d’érosion des sols et de pollution des eaux, ce qui signifie le maintien de larges corridors biologiques, d'un couvert végétal dense, et la pratique de cultures associées au détriment des pratiques de monoculture et d' élevage extensif.

 

Une multiplicité de combinaisons

-3Ha, 800000 exploitations, 1,6 million d'emplois directs, 160000 indirects, 1,760000 emplois

-4Ha, 600000 exploitations, 1,2million d'emplois directs, 120000 indirects, 1320000 emplois.

-5Ha, 480000 exploitations, 960000 emplois directs, 96000 indirects, 1056000 emplois.

-6Ha, 400000 exploitations, 800000 emplois directs, 80000 indirects, 880000 emplois.

-10Ha, 240000 exploitations, 480000 emplois directs

-20Ha, 120000 exploitations, 240000 emplois directs

-40Ha, jusqu' à 60000 exploitations, 120000 emplois directs

 

On ne présente donc ici qu'un éventail de possibilités, suivant les scénarios adoptés qui peuvent d'ailleurs comporter un large panachage de tailles d'exploitation suivant les buts poursuivis, suivant la localisation des exploitations sur le territoire guyanais, sur la base de modèles économiques viables. L'Etat demeurant propriétaire du foncier, les terres seraient exploitées sur un mode privé, grâce à des coopératives, ou par un système hybride suivant tel ou tel type de production. En comparaison avec la forêt landaise, on pourrait avoir aussi plus de 270000 emplois créés dans la filière sylvicole... La viabilité de ce système dépend là encore de la politique fiscale (cf Partie 2-2 Agriculture). A noter qu'en France, on ne trouve plus que 348000 exploitations agricoles en 2010, ce qui est logique compte-tenu de l'intérêt porté par les gouvernants à ces filières...

 

Le coût du chômage en France est à plus de 34Md par an pour 2,577 millions de personnes indemnisées (derniers chiffres), mais on compte en fait 6,9 millions de personnes touchées par le sous-emploi... 

 

Ainsi que le souligne l'IRC, ce projet à un million d'emplois créés vaut 40% d'économie sur le coût d'indemnisation du chômage (13,5Md) auquel on rajoute l'économie réalisée sur les importations de pétrole sur 10-12 millions de Tep (6,5Md), soit un total de 20 Md par an, 200Md sur 10 ans. On comptabilise ce gain hors coût d'investissement initial mais aussi hors retombées fiscales propres à un développement plus auto-centré et compte tenu du fait qu'un million d'emplois créés pèse tout de même 3,57% de la population active, ce qui ne serait pas sans effet sur la croissance!

 

En tant que telle, la Guyane représente un des rares actifs non financiers détenus par l'Etat (central) dont le passif est tout de même de 800Md. Alors que nous pourrions éradiquer le chômage aux Antilles, en Guyane, et le restreindre ailleurs jusqu'à 40% au total sur ce seul projet agricole, comme le foncier appartient à l'Etat, l'échec des gouvernants (UMP) est patent.

 

Ajoutons qu'avec à l'esprit l'ensemble du coût du RSA, des contrats aidés, des dispositifs de retour à l'emploi, on pourrait même envisager un système certes audacieux de baisse (partielle) des allocations (chômage, RSA) grâce à la fourniture d'un accès à une surface agricole exploitable et peut-être à un logement. A une autre époque, on a su le faire avec les jardins ouvriers en périphérie des villes, tout comme l'IRC propose aussi la mise en place (ou la préservation) de vergers communaux à cause du coût trop important de la main d'oeuvre. Là encore les possibilités envisageables sont multiples dès lors qu'on ne se fixe pas de limites trop stériles à l'exploitation d'un territoire... Il s'avère tout de même significatif que bien au-delà de cette mission régalienne de l'Etat qui consiste à contrôler la population française, nos gouvernants le fassent par esprit de perversion sans dégager de possibilités de sortie de crise par le haut, en Guyane et ailleurs, alors que cela est possible. Nous avons clairement ici la marque d'une politique anti-républicaine. 

 

 

3-Une politique environnementale réaliste

On trouve en Guyane une filière bois qui doit évidemment être développée, dans la continuité du programme de développement agricole... Comme mentionné auparavant, si la forêt des Landes d'environ 1 million d'hectares génère 2.5Md de CA par an et compte 34000 emplois directs, la forêt guyanaise est huit fois plus importante! Par ailleurs, avec une exploitation des mines sous contrôle renforcé de l’Etat, on peut aussi poser le principe qu' une partie des ressources en or de la Guyane intégrerait les réserves de la Banque de France!

 

Le développement d’un pôle de recherche biologique sur les espaces forestiers protégés, disposant de moyens conséquents, est une priorité même si les ressources prélevées pour la recherche supposent bien sûr une création de richesses en amont. Sans projet ambitieux, l’Etat français adopte aujourd'hui une position figée au Sud du département avec le Parc national, et n’envisage que la création de quelques réserves intégrales au Nord, alors que la biodiversité y est plus importante. Ce pôle de recherche pourrait être étendu à un vaste pôle mondial de recherche sur les espaces de biodiversité de l’Outremer notamment dans un cadre francophone (songeons à l'Afrique centrale), même si à elle seule la France gère déjà cinq «points chauds» terrestres (sur 35) et aussi deux «points chauds» maritimes (sur 10).

 

Si l' IRC défend ce projet, c'est également parce que seule une politique globale de développement peut permettre de circonscrire au maximum le très haut degré de violence atteint sur le territoire guyanais! En effet, conséquence de l'orpaillage sauvage, la base du CNRS dans la réserve naturelle des Nouragues avait été saccagée en 2004. Les scientifiques avaient même dû se replier sur Cayenne suite à l’assassinat de deux gardiens par les orpailleurs en juin 2006. Et si la Légion apporte aujourd'hui un soutien aux forces de gendarmerie qui seules sont habilitées à appréhender les clandestins et orpailleurs, on ne peut exclure que l'Etat définisse à l'avenir des zones militaires exclusives pour le cas où ces moyens conventionnels de lutte contre la violence se révèleraient insuffisants.

 

De même, on ne saurait se calquer sur la politique suivie par le Brésil au nord de son territoire avec la création de Tumucumaque, un parc national inhabité même par des tribus indigènes, d' accès très difficile. Le Brésil, qui dispose d'un territoire immense, cherche en effet à en protéger seulement 10% au final, là où le projet de développement économique de l'IRC en Guyane permettra de protéger jusqu'à 60% des forêts primaires et d'assurer l'inventaire systématique de leur biodiversité!

 

 

4-Une politique sanitaire décente

Nous sommes confrontés en Guyane à une situation critique quant à l'engagement républicain de l'Etat à assurer une qualité de services publics au plus grand nombre, notamment une couverture médicale décente. Si en France métropolitaine nous sommes toujours confrontés à une longue litanie de dossiers sanitaires tous aussi pourris les uns que les autres, conséquence de l' incurie de nos «élites» et de leur culture néo-impérialiste ou d'un haut degré d'irresponsabilité savamment entretenue, les Guyanais ne sont malheureusement pas mieux lotis.

 

Le problème d’empoisonnement au méthylmercure de Guyanais est un scandale sans nom, car celui-ci est d'abord lié à un stricte problème d’application des lois républicaines en matière de sécurité face à l'orpaillage sauvage, et conduit nécessairement à l'implication des plus hautes autorités sur plusieurs législatures... Ancien Ministre de l'intérieur, puis en tant que Président de la République, Sarkozy est directement concerné par cet échec et ne bénéficiera pas d'une immunité à vie...

 

Ainsi, l'IRC se fait volontiers le relais au niveau national de la plainte déposée en Guyane, plainte qu’on cherche à étouffer. Après une analyse effectuée au Japon (!), il a été prouvé que le taux de mercure dans le sang chez les enfants amérindiens est à 5 fois la norme de l’OMS! Rappelons que le méthylmercure cause des dommages irréversibles sur le système nerveux des personnes empoisonnée. On compte donc en Guyane plusieurs milliers de victimes, discriminées au sens fort du terme dans l'indifférence quasi-générale. Pourtant, si un problème sanitaire de ce type s'était produit en France métropolitaine, nous aurions eu alors au moins 600000 victimes...

 

 

L'IRC est la seule formation politique à proposer la création d'un Ministère d'Etat en charge de la politique maritime auquel serait rattaché un secrétariat d'Etat à l'Outremer ne dépendant plus du ministère de l' Intérieur. Il s' agit là d' un «choix du grand large», une approche culturelle faisant cruellement défaut en France, avec des enjeux tels qu'on ne peut vraiment plus en faire l'impasse... En outre, avec la création de 400000 exploitations agricoles de 6Ha et de plus de 880000 emplois, on posera le principe de la préservation de l’environnement dans une logique effective de développement et de structuration spécifiques du territoire de la Guyane sans laquelle on continuera à assister à tous les débordements, une logique qui renforcerait aussi les dispositifs propres à faciliter une sortie de crise aux Antilles. Nous nous ouvrirons alors la possibilité de décongestionner les territoires des Antilles (densités: 367 hab/Km2 en Martinique, 227 hab/Km2 en Guadeloupe), de mener une politique propre à dégager d'autres ressources pour le secteur de la recherche sur ces espaces de biodiversité exceptionnelle en protégeant jusqu'à 60% des forêts primaires. De même, un développement pour partie plus autonome de la Guyane facilitera son intégration plus forte à la sous-région.

 

Enfin, grâce à une baisse très importante du taux de chômage, grâce à une résorption drastique de la dette publique telle que nous la prônons par ailleurs, la France aura ainsi la certitude absolue de pouvoir intensifier au mieux les réformes structurelles sur son territoire.

 

 

Le 21 août 2011,

le Conseil national de l' IRC                                        (Tous Droits réservés)

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