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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 15:00

Selon l’Observatoire de l’énergie, la facture énergétique est de 45,2 Md en 2007, 58,7Md en 2008 dont plus de 35 Md pour le pétrole seul, avec un coût global qui évolue à la hausse... Sur les 10 ans à venir , on aurait donc au moins 400 milliards d’euros de perte sèche pour la France, soit une perte annuelle de plus d’une fois et demie le budget de la Recherche. L'urgence exigerait qu'on pense ce dossier comme dans une économie de guerre, hyper-rationnelle et pour cause... Ainsi je réclame la mise en œuvre d’un vaste plan coordonné de sortie de l’économie pétrolière sur 10 ans.

Par principe, on rechercherait donc un effet d’entrainement maximal par réallocation d’actifs budgétaires à différentes échelles spatiales, temporelles ou sectorielles. On viserait ainsi une externalisation de la production moindre, et donc une internalisation des profits, avec tous les effets d’entrainement que cela suppose:
le principe d’une monnaie franche transposé aux secteurs industriel, artisanal et agricole. Ceci supposerait des efforts de recherche et d' investissements portés à au moins 35Md d'euros par an, autour de 2% du PIB...

Un rappel
: selon la Loi-programme du 13 juillet 2005, la France devait se donner les moyens d’une indépendance énergétique, une sécurité d’approvisionnement, des prix compétitifs, assurer une préservation de la santé humaine et de l’environnement, garantir la cohésion sociale et territoriale... Ce texte avait été prolongé par le livre vert de la Commission européenne en mars 2006, sans qu’il soit avancé de solution crédible…Force est de constater que l'UMP s'est montrée incapable de se hisser à la hauteur des enjeux!


Pour une approche global
e
La fiscalité française sur le secteur énergétique manque de lisibilité et de cohérence, permet l'orchestration de rentes de situation, génère des phases de spéculation pure au détriment du bien commun! Face à cette situation, je propose plusieurs changements notables...

1-un tableau de bord fiscal
Dans le cadre d'une approche globale du secteur de l'énergie, il récapitulerait les coûts de production, les prix à la consommation et leur évolution, le niveau de taxation par l'Etat pour chaque secteur de production énergétique, en précisant des perspectives claires, intelligibles pour le plus grand nombre... Il intégrerait aussi d'emblée, concernant les anticipations pour les secteurs émergents, un coût plus élevé de l'énergie. Ainsi, il serait également utile de conserver un niveau très élevé de la Tipp, pour 1.50 euro le litre de carburant au maximum, et d’aller vers la suppression des allègements fiscaux liés à la Tipp à terme, sur le kérosène, la possibilité d’utiliser du fioul domestique comme carburant dans l’agriculture et le BTP (mécanisation), l’aéronautique, les taxis, pour un coût annuel de plus de 4Md d’euros qui pourraient servir au développement d'une vraie politique maritime de développement des algocarburants... On y mesurerait par ailleurs toutes les conséquences et effets de levier d’une hausse très importante du prix de l’électricité sur 5-10 ans, l'Etat restant l'actionnaire majoritaire d' EDF et d' Areva.

2- une cartographie de l'autosuffisance énergétique et alimentaire
Comme il est essentiel que la population s'empare de ces questions fondamentales, une cartographie exhaustive sur l'autosuffisance énergétique et alimentaire, pour chaque territoire en descendant au niveau communal, m' apparaît indispensable. Elle faciliterait à terme le fait de pallier les insuffisances, limiter drastiquement le coût des transports en (re)créant de nouvelles synergies locales où chacun s'impliquerait à sa guise... En conséquence, cela constituerait un outil d'aménagement du territoire facilitant la protection de notre tissu économique.

3- un
Ministère d’Etat en charge de la Politique Maritime
Selon l'Ifremer, le marché mondial des énergies marines serait de 10 à 30 fois supérieur au marché européen, tandis que la France dispose du deuxième espace maritime au monde... Même si les enjeux sont multiples, à court terme celui des algocarburants, dont le rendement à l'hectare apparaît en effet bien plus prometteur que pour les agro-carburants, justifierait à lui seul que la France monte en puissance par rapport à la mise en valeur de ses territoires ultra-marins et espaces maritimes, pour occuper une des premières places au niveau mondial -projet Shamash etc -. On peut évidemment considérer l’intérêt de coopérations sur ces énergies nouvelles et autres domaines de recherche dans le cadre de la Francophonie! Ce ministère comporterait un collège de représentants, au moins un pour chaque espace maritime. Y seraient rattachés:

-un
Secrétariat d’Etat à l’Outremer -collectivités territoriales ultra-marines- ne dépendant donc plus du Ministère de l'Intérieur...
-un Secrétariat d’Etat en charge de la Pêche et des Affaires Maritimes -étude, préservation, exploitation des ressources en milieu marin, commerce maritime-.
-le Secrétariat d’Etat en charge de la Coopération et de la Francophonie.


Un enjeu de pouvoir, un enjeu stratégique
Le secteur énergétique est un secteur stratégique, ce d' autant plus que nous sommes confrontés à une crise majeure! Des répercussions négatives peuvent se faire sentir rapidement sur le coût de l'énergie au vu des problèmes liés au renchérissement des services para-pétroliers, coûts d’exploitation, multiplication des campagnes de prospection et mise en exploitation de nouveaux gisements, sans même parler de tensions internationales encore plus graves… On ne peut admettre que l' Etat se retrouve sur un faux rythme de gestion au fil de l'eau, à laisser acculée demain la population parceque la France connaitrait des soubresauts encore plus violents!

Sur un autre front, les Français doivent en plus faire face à la politique de dérégulation européenne du marché de l’énergie. Ainsi, le gouvernement UMP a prévu qu' EDF cède une partie non négligeable de sa production d'origine nucléaire, environ 30%, sur injonction de la Commission européenne. Ce démantèlement serait sensé simuler la concurrence dans un secteur nécessitant pourtant des investissements lourds, 24Md d'euros pour assurer la continuité du parc sur 40 ans au lieu de 30... A cet effet, comment justifier alors une hausse indispensable des tarifs de l'énergie auprès de l'opinion si l'on organise par ailleurs une vaste braderie, qui plus est probablement au détriment de notre sécurité?

Une politique d'investissement dans le secteur énergétique ne peut être fondée sur un système de rente sans vision à long terme, et sans l'adhésion de la population. De fait, à l'heure où chacun devra se focaliser à réduire sa consommation énergétique en se basant d'abord sur les ressources de son environnement proche, les exécutifs locaux tout comme la population doivent monter en puissance rapidement sur cet enjeu, ne serait-ce que pour préserver notre patrimoine national commun, bâti par des générations de Français!


Sur l'industrie automobile
Nous consommons chaque année 50Mtep dans le domaine du transport. L’industrie automobile française semble promise au même sort que l’industrie textile, la production nationale chute ou est délocalisée, y compris chez les équipementiers, avec une hausse des approvisionnements en provenance des zones de production à bas coût et aujourd'hui une production à l’étranger surpassant la production nationale…

L’objectif concret consisterait alors à aller vers une «internalisation industrielle et écologique à effet de levier fort»
, à renouveler rapidement le parc automobile français par une vaste politique de l’offre contracyclique, à créer une nouvelle civilisation des transports car nous disposons de tous les atouts nécessaires pour la mettre en œuvre! Si cette ambition est affichée, 100% des véhicules pourraient être équipés en «technologies propres» d’ici 2017! Promouvoir des véhicules hybrides ou électriques renforcerait ainsi directement nos géants nationaux EDF ou Areva...

Rappelons que le facteur déterminant pour abaisser la consommation de carburant, sur lequel l'Etat devrait exiger une contre-partie auprès des constructeurs, porte sur la masse initiale des véhicules! L'Etat a également toute latitude pour se pencher sur la vitesse maximale autorisée sur les grands axes. A l'évidence, aujourd'hui au vu des enjeux et des primes versées, on note que certains secteurs d'activité relèvent presque d'une forme d' économie administrée...

L' organisation générale du mode de vie, notamment sur la question des circuits de production-commercialisation dans le secteur alimentaire, s'avère aussi capitale à prendre en considération.

Enfin, ce dossier est très emblématique parcequ’il touche de près la population, et parce que le poste budgétaire du transport contribue à «asphyxier» les personnes se situant à un bas niveau de salaire, alors que leurs besoins en terme de mobilité sont justement prépondérants.

Sur cette approche,
le coût final de ce projet de sortie de l'économie pétrolière sur 10 ans est à rapprocher de celui de la facture pétrolière sur la même période…On mesure alors bien l'écart qui nous sépare d'une véritable politique ambitieuse et volontariste dans ce domaine, dégagée du fatras institutionnel européen, replaçant au coeur des dossiers d'investissement sur le long terme la souveraineté monétaire!

S.Dezanneau      
le 21février 2010          (Tous Droits Réservés)

 

 

 

 

 

 

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