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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 15:14

 

Vers la sortie de l’économie pétrolière

 

1) données sur le secteur automobile

a) le 1er secteur industriel français

b) le budget automobile des ménages

 

2) Données sur le secteur énergétique

a) la consommation de pétrole

b) les politiques énergétiques

 

3) Un vaste plan coordonné

a) présentation

b) l’objectif principal

c) intérêts de cette politique

d) pour une approche globale

 

 

 

Face aux dernières évolutions du cours du baril de pétrole, puis à l'effondrement des ventes de véhicules, la France pourrait choisir de sortir de l’économie pétrolière. On remettrait en cause le modèle de consommation actuel, donc on traiterait de fait le problème bien en amont puisque des technologies le permettent déjà en partie…

 

1) Données sur le secteur automobile

L’industrie automobile française semble promise au même sort que l’industrie textile, la production nationale chute ou est délocalisée, y compris chez les équipementiers, avec une hausse des approvisionnements en provenance des zones low-cost, et pour la première fois une production à l’étranger surpassant la production nationale…

 

a) Le 1er secteur industriel français

-110Md de CA, commerce et réparation.

-39Md de dépenses de consommation, 35Md pour les carburants et lubrifiants, 84Md de dépenses d’utilisation des véhicules en 2006.

-Le parc automobile français  comporte 36.6millions de véhicules dont 30 pour les véhicules particuliers (au 1er janvier 2007), 5.6 millions de véhicules utilitaires légers, 641000 véhicules industriels.

 

b) Le budget automobile des ménages (INSEE) 

-De 1998 à 2006, la part consacré à l’achat et l’usage d’un véhicule représente en moyenne 12.3% du budget global, et un budget moyen pour 10000km de 4780 à 5360 euros (diesel ou essence).

-On note un accroissement continu du parc automobile compensé par une utilisation moindre, une augmentation relative de coût de l’entretien et accessoires (+37%) par rapport à l’achat, liée à l’augmentation du cours des matières premières avec une influence sur les pièces de rechange soit 3.6 points de plus que l’inflation de 2001 à 2006.

-on constate une chute des immatriculations depuis 1997, avec la fin des primes versées par le gouvernement.

-L’achat d’un véhicule représente 68% des motifs de souscrire un crédit à la consommation.

-L’effet tarif est le 1er élément d’appréciation pris en compte par les ménages.

 

En réalité, le poste budgétaire du transport contribue à « asphyxier » les personnes se situant à un bas niveau de salaire, alors que leurs besoins en terme de mobilité sont justement prépondérants !

 

 

2) Données sur le secteur énergétique 

 

a) La consommation de pétrole

-Elle représente 49 millions de Tep, à 80% destinées à un usage routier.

-L’Etat ne tire pas de réel profit de la flambée pétrolière puisque seule la TVA évolue avec cette hausse, pas la Tipp qui est fixe : une baisse de la consommation apporte même de moindres rentrées fiscales, un manque à gagner de 629 millions d’euros en 2006, 359 millions en 2007.

-La consommation de pétrole est responsable de 40% des émissions de CO2…et la dépendance par rapport aux réserves du Moyen-Orient, une zone à haut risque, est réelle.

 

b) Les politiques énergétiques

-on notera une inertie forte au lancement d’autres énergies alternatives, une décennie nécessaire pour les piles à combustibles mais beaucoup plus pour le développement de l’économie de l’hydrogène (distributeurs etc…), et que les énergies renouvelables sont rentables à partir de 75-80 dollars le baril de pétrole…

-on notera également les problèmes liés au renchérissement des services para-pétroliers, coûts d’exploitation, multiplication des campagnes de prospection et mise en exploitation de nouveaux gisements…

-la politique de dérégulation européenne du marché de l’énergie accroit les incertitudes sur la rentabilité du secteur alors qu’une hausse tarifaire de EDF ou GDF est pourtant indispensable à de nouveaux investissements!

-Selon la Loi-programme du 13 juillet 2005, la France doit se donner les moyens d’une indépendance énergétique, une sécurité d’approvisionnement, des prix compétitifs, assurer une préservation de la santé humaine et de l’environnement, garantir la cohésion sociale et territoriale ! Ce texte a été prolongé par le livre vert de la Commission européenne en mars 2006, sans qu’il soit avancé de solution crédible…

-Selon l’Observatoire de l’énergie, la facture énergétique est de 46,2 Md en 2006 (45.2Md en 2007), +18% par rapport à 2005 soit 2.6% du PIB dont 37 Md pour le pétrole seul, avec un coût majoré de 16% par rapport à 2005…

 

Sur les 10 ans à venir , on aurait donc au moins 400 milliards d’euros de perte sèche pour la France, soit une perte annuelle de plus d’une fois et demie le budget de la Recherche !

 

Au-delà d’une fiscalité verte et des mesures environnementales à prendre, on peut trouver un autre angle d’attaque, choisir de jouer du billard à plusieurs bandes …

 

 

3) Un vaste plan coordonné

 

a) présentation

Il s’agirait pour la France , tout en sortant de l’économie pétrolière, de créer une nouvelle civilisation des transports car nous disposons de tous les atouts nécessaires pour la mettre en œuvre. L’intérêt de ce dossier réside aussi dans le faible nombre d’acteurs : l’Etat, les grands constructeurs automobiles français et quelques nouveaux acteurs (Dassault, Bolloré…) qui émergent sur des technologies aujourd’hui trop coûteuses pour le citoyen lambda (plusieurs milliers de dollars pour les dernières batteries au lithium) ou sur des marchés « de niche ». Le rôle de EDF, bien qu’acteur indirect, est aussi à considérer de près …

 

b) l’objectif concret

-Sur un marché mâture de renouvellement avec une tendance vers l’externalisation de la production et un poids important des importations de pétrole, l’objectif consisterait à aller vers une « internalisation industrielle et écologique à effet de levier fort » , à devancer les concurrents sur les prix et sur les technologies innovantes, à renouveler rapidement le parc automobile français par une vaste politique de l’offre (contracyclique !). Si cette ambition est affichée, 100% des véhicules pourraient être équipés en « technologies propres » d’ici 2017 !

-Comme dans une économie de guerre (hyper-rationnelle et pour cause !), on veillerait donc à la mise en œuvre d’un vaste plan coordonné de sortie de l’économie pétrolière combinant ces nouvelles technologies. Tout ceci devrait d’ailleurs déboucher sur une présentation de ce plan à la population française avec un échéancier précis sur les différents objectifs poursuivis, les expérimentations en cours et leurs débouchés concrets.

 

c) Intérêts de cette politique sur un plan énergétique

-renforce directement nos géants EDF (participation au capital de plus de 80% pour l’Etat), Areva, Alstom, et permet de combler notre retard sur le développement des énergies renouvelables par effet d’entrainement : rappelons par exemple que 30000 moulins du dix-neuvième siècle pourraient être aménagés en micro-centrales…

-légitime une hausse tarifaire d’EDF (plus que l’équivalent de la perte de Tipp/Tva) pour l’enchaînement sur de nouveaux investissements, pour une meilleure gestion par les Français de leur propre consommation d’énergie, grâce aussi aux autres technologies à basse consommation énergétique.

-pose le problème de la consommation importante d’intrants (pour les piles à combustible/ batteries) au détriment de l’équilibre de notre balance commerciale, et laisse en suspens la question de l’abaissement nécessaire du poids des véhicules : un véhicule hybride classique contient environ 150kgs de metal de plus qu’un véhicule conventionnel, un véhicule électrique 200 kilos supplémentaires avec des batteries au lithium pour une autonomie de 150 à 200 kilomètres.

–améliore néanmoins en France le bilan sanitaire avec l’augmentation de la qualité de l’air (évaluation à 5000 morts par an du fait de la pollution de l’air). A combiner avec une politique de restriction de la vitesse sur nationales et autoroutes…

-permet facilement par ailleurs le stockage de l’électricité.

 

Par principe, on recherche donc un effet d’entrainement maximal par réallocation d’actifs comme agissent certains fonds d’investissement, et ce à différentes échelles spatiales, temporelles ou sectorielles. On aurait ainsi une externalisation de la production moindre, et donc une internalisation des profits, avec tous les effets d’entrainement que cela suppose : le principe d’une monnaie franche transposé au secteur industriel…On élargirait ainsi de manière plus volontariste la gamme actuelle de nos industriels de l’automobile qui n’ont pas assez anticipé le pic pétrolier …

 

Pour la France, la sortie partielle de l’économie pétrolière sur moins d’une dizaine d’années pourrait correspondre au final à une part importante des 400Md de coût des importations de pétrole sur la base de la consommation actuelle, grâce à l’usage combiné de technologies nouvelles hybrides ou électriques et grâce à une autre fiscalité sur les énergies, de quoi soutenir largement au final le remplacement du parc automobile français…

 

 

d) pour une approche globale 

Au-delà de l'aspect purement technique concernant le secteur automobile, un plan global de sortie de l'économie pétrolière est nécessairement multidimensionnel, intégrant la disparition à venir de ces ressources fossiles !

1-négocier avec les industriels français de l’automobile et bâtir une stratégie plus concertée permettant de limiter au maximum la dispersion des efforts de recherche.

2-accélérer le développement en parallèle des énergies alternatives (algo-carburants), la recherche sur la production d’hydrogène, les produits de substitution au pétrole (comme avec l'entreprise Metabolic-Explorer en biochimie), le bois-énergie etc...

3-revaloriser, pour la filière bois-énergie, nos espaces forestiers comme une base patrimoniale (Obligations Incessibles de Projet Ecologique OIPE) intégrée au Budget de l'Etat.

4- corréler la fiscalité sur les produits pétroliers avec celles sur l’électricité, le gaz, le bois-énergie, pour une approche globale du secteur de l’énergie car le coût en énergie du déplacement d’une voiture électrique est aujourd’hui trois à cinq fois inférieur à celui pour un véhicule essence ou diesel. Il serait également utile de conserver un niveau très élevé de la Tipp (pour 1.50 euro le litre de carburant au maximum) et d’aller vers la suppression des allègements fiscaux liés à la Tipp à terme, sur le kérosène, la possibilité d’utiliser du fioul domestique comme carburant dans l’agriculture et le BTP (mécanisation), ou l’aéronautique, les taxis…pour un coût annuel de plus de 4Md d’euros qui pourraient servir par ailleurs au développement d'une vraie politique maritime.

5-Mesurer notamment toutes les conséquences et effets de levier d’une hausse très importante du prix de l’électricité sur 5-10 ans. En effet pour conforter par subventionnement cette vaste politique de l’offre, grâce à une prime fixe de 3000 euros par véhicule, il faudrait un RN de EDF majoré de 9Md d’euros pour le remplacement de 3 millions de véhicules par an, un chiffre en rapport avec les capacités actuelles de production en France, donc sur un rythme permettant le renouvellement effectif du parc automobile français sur une décennie. Aujourd'hui au vu des enjeux et des primes versées, on note que certains secteurs d'activité relèvent presque d'une forme d' « économie administrée »...

6-Bâtir donc un tableau de bord fiscal récapitulatif pour tous les secteurs énergétiques avec des perspectives claires, intelligible pour le plus grand nombre...

7-Déterminer une cartographie exhaustive sur l'auto-suffisance énergétique et alimentaire de chaque territoire en descendant jusqu'au niveau communal, pour amener à pallier les insuffisances, limiter drastiquement le coût des transports, créer de nouvelles synergies locales.

8- Intégrer d'emblée dans les anticipations un coût beaucoup plus élevé de l'énergie pour engager les projets, pour ne pas se retrouver  sur un faux rythme de gestion au fil de l'eau ou pire...acculés!

 

Logiquement avec cette approche, le coût final de ce projet est à rapprocher de celui de la facture pétrolière sur la même période…Dans un environnement international plutôt tendu, la France dispose donc de nombreux atouts lui permettant de s’affranchir rapidement de sa dépendance forte à l’économie pétrolière. De plus, ce dossier est très emblématique parcequ’il touche de près la population...

 

S.Dezanneau (juin 2008 ) (Tous Droits Réservés)

 

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