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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 11:17

 

Il s'agit là d'un dossier emblématique et particulièrement révélateur puisqu'il n'existe pas aujourd'hui de projet global de développement de la Guyane à la hauteur des enjeux, alors que l'IRC pose dans son programme le principe de l'exploitation même partielle de tous les territoires de la République, pour le plein développement de notre potentiel humain!

 

La Guyane avec ses 86500 Km2 représente pourtant une surface non négligeable équivalente à une bonne dizaine de grands départements métropolitains. Dans le cadre plus général d'une véritable politique maritime, les Français ont donc l'opportunité de considérer ce territoire (patrimoine de l'Etat) peu densément peuplé (3Hab/Km2) comme un relais de croissance extrêmement important!

 

En effet, tandis que des archéologues trouvent en Guyane des traces de cultures permanentes sur sols très riches datant d'un millénaire, nos gouvernants ont été incapables d'y bâtir le moindre plan de développement agricole, même si les ressources de ce territoire sous climat tropical supposent une gestion fine et mesurée.

 

Certes on met en avant une politique environnementale, essentiellement pour la sauvegarde d'un patrimoine biologique. Cependant, sans création effective de richesses et d'emplois celle-ci tient à l'évidence du faux-semblant. D'ailleurs, là encore on élude le fait que la biodiversité plus importante au Nord découle pour l'essentiel d'une présence humaine de longue date...De fait l'écologisme renforce encore plus le totalitarisme de l'Union européenne, l'absence de projet de développement pour la Guyane, un territoire qui n'est en rien européen, témoigne clairement du néo-impérialisme de nos "élites"!

 

En plus du développement agricole, ce dossier permet également d'aborder les questions d'ordre démographique, de repenser la politique d'aménagement du territoire, en somme de retrouver une marge de manoeuvre en France métropolitaine en l'envisageant petit à petit comme «territoire d'émigration», dans le cadre plus général d'une véritable politique maritime pour l'exploitation de toutes nos ressources et d'une géopolitique des flux migratoires.

 

 

1-Une politique d'aménagement du territoire

Considérant la structure administrative et territoriale actuelle comme inepte, l'IRC propose la création en Guyane de plusieurs départements basés sur les bassins versants (cf-réforme territoriale), autour de quelques fleuves et rivières (Camopi, Tampok, Mana, Sinamary, Approuage) c'est-à-dire incluant cette composante environnementale qu'est la gestion de l'eau. Il s'agit bien là d' une approche républicaine et innovante... Car parties intégrantes d’une politique de développement durable, la matérialisation des frontières, la structuration effective de cet espace territorial demeurent en effet des enjeux fondamentaux, a fortiori quand on évalue le nombre de clandestins entre 40000 à 60000 personnes pour 230000 habitants recensés! Par ailleurs, dans une logique de péréquation républicaine entre territoires, un certain nombre de fonds seraient attribués aux nouveaux Conseils généraux. Les natifs amérindiens auraient peut-être plus de chance de se faire entendre dans ce cadre là, car le maintien de l’arrêté préfectoral de 1970 maintenant en l’état le tiers sud du département ou la signature par la France de la convention 169 de l’ONU reconnaissant aux Amérindiens leurs droits primordiaux ne constituerait en aucun cas une politique véritablement républicaine…

 

En conséquence directe, comme notre approche consiste bien sûr à promouvoir une politique républicaine d'aménagement du territoire, sans en laisser des pans entiers à l'abandon, la dernière réforme territoriale de l'UMP ne sera pas appliquée mais remplacée dès 2012...

 

 

2-Une politique agricole ambitieuse

A l'évidence en Guyane, le poids du secteur public et de l'aérospatiale sera à pondérer à l'avenir… A cet effet, on pourrait mettre enfin l’accent sur le développement agricole durable, dans le respect viscéral de la richesse biologique de cet espace, et créer par exemple 400000 exploitations de 6ha qui représenteraient 2,4 millions d’ha, 24000km2 soit 30% du territoire, tandis que l'on compte nombre d'exploitations de seulement quelques hectares sur ce territoire ultramarin. Parallèlement à une réforme du foncier aux Antilles, l'Etat pourrait rester le propriétaire du foncier en Guyane par mesure de sauvegarde et de contrôle, et faire signer un bail à chaque exploitant. Ce mouvement contrasterait fortement avec celui des dernières décennies en France. Nous serions alors très loin de l'économie financiarisée et du délire mégalomaniaque (mondialiste) du «grand Paris»! L'exclusivité totale serait accordée aux ressortissants français, en tenant compte de l'aire géographique d'origine (aux Guyanais, aux Antillais, et autres Français). Faut-il faire mention du taux de chômage ahurissant des territoires d'outremer, avoisinant les 30% en Guyane? Car suivant l'exemple mentionné auparavant, avec 10% d'emplois indirects, ce projet permettrait de créer plus de 880000 emplois!

 

Répartition des productions par exploitation (à titre indicatif)

La spécialisation énergétique de ce territoire est directement liée à sa faible densité de population et à la rentabilité de la filière!

-50% d'oléagineux. (1,2 million Ha au total)

-25% pour l'exploitation de la biomasse pouvant dépasser 10t/Ha/an, ou du bois(Total 600000Ha), avec extension éventuelle sur les forêts environnantes.

-25% pour la production de ressources alimentaires. (Total 600000Ha)

 

La filière énergétique, biocarburants à base d’oléagineux ou exploitation de la biomasse, doit permettre l'autonomie de la région (Guyane, Antilles), et de dégager un excédent exportable vers la France métropolitaine. On y adjoindrait bien sûr la filière algocarburants au vu du taux d'ensoleillement plus élevé que sur la côte méditerranéenne (cf BFS-sortie de l'économie pétrolière). Comme la température moyenne n'y est pas inférieure à 20°, même une politique immobilière ambitieuse ferait baisser la facture énergétique en France métropolitaine, soit par exemple pour 2,5 millions d'habitants pour une densité d'environ 30Hab/Km2, le décuple d'aujourd'hui...

 

La Guyane devrait en toute logique représenter un pôle énergétique majeur en France!

 

Le cahier des charges serait draconien, adapté pour gérer au mieux les risques d’érosion des sols et de pollution des eaux, ce qui signifie le maintien de larges corridors biologiques, d'un couvert végétal dense, et la pratique de cultures associées au détriment des pratiques de monoculture et d' élevage extensif.

 

Une multiplicité de combinaisons

-3Ha, 800000 exploitations, 1,6 million d'emplois directs, 160000 indirects, 1,760000 emplois

-4Ha, 600000 exploitations, 1,2million d'emplois directs, 120000 indirects, 1320000 emplois.

-5Ha, 480000 exploitations, 960000 emplois directs, 96000 indirects, 1056000 emplois.

-6Ha, 400000 exploitations, 800000 emplois directs, 80000 indirects, 880000 emplois.

-10Ha, 240000 exploitations, 480000 emplois directs

-20Ha, 120000 exploitations, 240000 emplois directs

-40Ha, jusqu' à 60000 exploitations, 120000 emplois directs

 

On ne présente donc ici qu'un éventail de possibilités, suivant les scénarios adoptés qui peuvent d'ailleurs comporter un large panachage de tailles d'exploitation suivant les buts poursuivis, suivant la localisation des exploitations sur le territoire guyanais, sur la base de modèles économiques viables. L'Etat demeurant propriétaire du foncier, les terres seraient exploitées sur un mode privé, grâce à des coopératives, ou par un système hybride suivant tel ou tel type de production. En comparaison avec la forêt landaise, on pourrait avoir aussi plus de 270000 emplois créés dans la filière sylvicole... La viabilité de ce système dépend là encore de la politique fiscale (cf Partie 2-2 Agriculture). A noter qu'en France, on ne trouve plus que 348000 exploitations agricoles en 2010, ce qui est logique compte-tenu de l'intérêt porté par les gouvernants à ces filières...

 

Le coût du chômage en France est à plus de 34Md par an pour 2,577 millions de personnes indemnisées (derniers chiffres), mais on compte en fait 6,9 millions de personnes touchées par le sous-emploi... 

 

Ainsi que le souligne l'IRC, ce projet à un million d'emplois créés vaut 40% d'économie sur le coût d'indemnisation du chômage (13,5Md) auquel on rajoute l'économie réalisée sur les importations de pétrole sur 10-12 millions de Tep (6,5Md), soit un total de 20 Md par an, 200Md sur 10 ans. On comptabilise ce gain hors coût d'investissement initial mais aussi hors retombées fiscales propres à un développement plus auto-centré et compte tenu du fait qu'un million d'emplois créés pèse tout de même 3,57% de la population active, ce qui ne serait pas sans effet sur la croissance!

 

En tant que telle, la Guyane représente un des rares actifs non financiers détenus par l'Etat (central) dont le passif est tout de même de 800Md. Alors que nous pourrions éradiquer le chômage aux Antilles, en Guyane, et le restreindre ailleurs jusqu'à 40% au total sur ce seul projet agricole, comme le foncier appartient à l'Etat, l'échec des gouvernants (UMP) est patent.

 

Ajoutons qu'avec à l'esprit l'ensemble du coût du RSA, des contrats aidés, des dispositifs de retour à l'emploi, on pourrait même envisager un système certes audacieux de baisse (partielle) des allocations (chômage, RSA) grâce à la fourniture d'un accès à une surface agricole exploitable et peut-être à un logement. A une autre époque, on a su le faire avec les jardins ouvriers en périphérie des villes, tout comme l'IRC propose aussi la mise en place (ou la préservation) de vergers communaux à cause du coût trop important de la main d'oeuvre. Là encore les possibilités envisageables sont multiples dès lors qu'on ne se fixe pas de limites trop stériles à l'exploitation d'un territoire... Il s'avère tout de même significatif que bien au-delà de cette mission régalienne de l'Etat qui consiste à contrôler la population française, nos gouvernants le fassent par esprit de perversion sans dégager de possibilités de sortie de crise par le haut, en Guyane et ailleurs, alors que cela est possible. Nous avons clairement ici la marque d'une politique anti-républicaine. 

 

 

3-Une politique environnementale réaliste

On trouve en Guyane une filière bois qui doit évidemment être développée, dans la continuité du programme de développement agricole... Comme mentionné auparavant, si la forêt des Landes d'environ 1 million d'hectares génère 2.5Md de CA par an et compte 34000 emplois directs, la forêt guyanaise est huit fois plus importante! Par ailleurs, avec une exploitation des mines sous contrôle renforcé de l’Etat, on peut aussi poser le principe qu' une partie des ressources en or de la Guyane intégrerait les réserves de la Banque de France!

 

Le développement d’un pôle de recherche biologique sur les espaces forestiers protégés, disposant de moyens conséquents, est une priorité même si les ressources prélevées pour la recherche supposent bien sûr une création de richesses en amont. Sans projet ambitieux, l’Etat français adopte aujourd'hui une position figée au Sud du département avec le Parc national, et n’envisage que la création de quelques réserves intégrales au Nord, alors que la biodiversité y est plus importante. Ce pôle de recherche pourrait être étendu à un vaste pôle mondial de recherche sur les espaces de biodiversité de l’Outremer notamment dans un cadre francophone (songeons à l'Afrique centrale), même si à elle seule la France gère déjà cinq «points chauds» terrestres (sur 35) et aussi deux «points chauds» maritimes (sur 10).

 

Si l' IRC défend ce projet, c'est également parce que seule une politique globale de développement peut permettre de circonscrire au maximum le très haut degré de violence atteint sur le territoire guyanais! En effet, conséquence de l'orpaillage sauvage, la base du CNRS dans la réserve naturelle des Nouragues avait été saccagée en 2004. Les scientifiques avaient même dû se replier sur Cayenne suite à l’assassinat de deux gardiens par les orpailleurs en juin 2006. Et si la Légion apporte aujourd'hui un soutien aux forces de gendarmerie qui seules sont habilitées à appréhender les clandestins et orpailleurs, on ne peut exclure que l'Etat définisse à l'avenir des zones militaires exclusives pour le cas où ces moyens conventionnels de lutte contre la violence se révèleraient insuffisants.

 

De même, on ne saurait se calquer sur la politique suivie par le Brésil au nord de son territoire avec la création de Tumucumaque, un parc national inhabité même par des tribus indigènes, d' accès très difficile. Le Brésil, qui dispose d'un territoire immense, cherche en effet à en protéger seulement 10% au final, là où le projet de développement économique de l'IRC en Guyane permettra de protéger jusqu'à 60% des forêts primaires et d'assurer l'inventaire systématique de leur biodiversité!

 

 

4-Une politique sanitaire décente

Nous sommes confrontés en Guyane à une situation critique quant à l'engagement républicain de l'Etat à assurer une qualité de services publics au plus grand nombre, notamment une couverture médicale décente. Si en France métropolitaine nous sommes toujours confrontés à une longue litanie de dossiers sanitaires tous aussi pourris les uns que les autres, conséquence de l' incurie de nos «élites» et de leur culture néo-impérialiste ou d'un haut degré d'irresponsabilité savamment entretenue, les Guyanais ne sont malheureusement pas mieux lotis.

 

Le problème d’empoisonnement au méthylmercure de Guyanais est un scandale sans nom, car celui-ci est d'abord lié à un stricte problème d’application des lois républicaines en matière de sécurité face à l'orpaillage sauvage, et conduit nécessairement à l'implication des plus hautes autorités sur plusieurs législatures... Ancien Ministre de l'intérieur, puis en tant que Président de la République, Sarkozy est directement concerné par cet échec et ne bénéficiera pas d'une immunité à vie...

 

Ainsi, l'IRC se fait volontiers le relais au niveau national de la plainte déposée en Guyane, plainte qu’on cherche à étouffer. Après une analyse effectuée au Japon (!), il a été prouvé que le taux de mercure dans le sang chez les enfants amérindiens est à 5 fois la norme de l’OMS! Rappelons que le méthylmercure cause des dommages irréversibles sur le système nerveux des personnes empoisonnée. On compte donc en Guyane plusieurs milliers de victimes, discriminées au sens fort du terme dans l'indifférence quasi-générale. Pourtant, si un problème sanitaire de ce type s'était produit en France métropolitaine, nous aurions eu alors au moins 600000 victimes...

 

 

L'IRC est la seule formation politique à proposer la création d'un Ministère d'Etat en charge de la politique maritime auquel serait rattaché un secrétariat d'Etat à l'Outremer ne dépendant plus du ministère de l' Intérieur. Il s' agit là d' un «choix du grand large», une approche culturelle faisant cruellement défaut en France, avec des enjeux tels qu'on ne peut vraiment plus en faire l'impasse... En outre, avec la création de 400000 exploitations agricoles de 6Ha et de plus de 880000 emplois, on posera le principe de la préservation de l’environnement dans une logique effective de développement et de structuration spécifiques du territoire de la Guyane sans laquelle on continuera à assister à tous les débordements, une logique qui renforcerait aussi les dispositifs propres à faciliter une sortie de crise aux Antilles. Nous nous ouvrirons alors la possibilité de décongestionner les territoires des Antilles (densités: 367 hab/Km2 en Martinique, 227 hab/Km2 en Guadeloupe), de mener une politique propre à dégager d'autres ressources pour le secteur de la recherche sur ces espaces de biodiversité exceptionnelle en protégeant jusqu'à 60% des forêts primaires. De même, un développement pour partie plus autonome de la Guyane facilitera son intégration plus forte à la sous-région.

 

Enfin, grâce à une baisse très importante du taux de chômage, grâce à une résorption drastique de la dette publique telle que nous la prônons par ailleurs, la France aura ainsi la certitude absolue de pouvoir intensifier au mieux les réformes structurelles sur son territoire.

 

 

Le 21 août 2011,

le Conseil national de l' IRC                                        (Tous Droits réservés)

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 08:18

 

 

1-Une stratégie énergétique

 

L' IRC défend une approche géostratégique, la seule à même de nous permettre de rebâtir une culture de puissance pour préserver les intérêts vitaux des Français dont ceux des agriculteurs et des éleveurs. Il est ainsi préférable de ne pas trop se pencher sur la diversité extrême des systèmes d'exploitation, surtout pour s' y perdre, mais bien de se focaliser d'abord sur quelques principes fondamentaux, puis de préciser ensuite les moyens d'action les plus efficaces pour atteindre l'objectif central de sortie de l'économie pétrolière.(article central-Partie 2)

 

Cet angle d'attaque nous semble le meilleur pour plusieurs raisons:

 

1) Les agriculteurs et les éleveurs sont fondamentalement des producteurs d'énergie! Il n' y a en effet pas de prospérité économique possible sans auto-suffisance alimentaire, sans souveraineté alimentaire, surtout dans un monde en expansion démographique encore forte jusqu'en 2040!

 

2) Si dans le monde rural seulement 7 à 8% d’actifs sont concernés par l’agriculture, la plus grande emprise et le maillage du territoire sont bien ceux du monde paysan, ce qui nous intéresse ici au premier chef...

 

3) Une consommation accrue par les Français de protéines végétales est un axe incontournable, ce qui induira de fortes mutations qu' il est indispensable de soutenir par une stratégie d'ensemble cohérente dans la durée.

 

4) Les exploitants sont souvent déjà présents sur les quatre grands axes d' investissement définis par l'IRC sur le dossier énergétique:

-l' alimentation (bilan énergétique renforcé avec moins d'intrants en amont)

-le transport avec la production d'oléagineux ou de biobuthanol (carburant).

-la production d'autres formes d'énergie pour d'autres usages, grâce à l'utilisation des bâtiments agricoles (panneaux voltaïques) ou de l'espace disponible (éoliennes), l' utilisation de la biomasse, d' oléagineux remplaçant comme combustible le fuel des chaudières , de biogaz...

-de manière plus restreinte, le logement, des produits ou sous-produits pour la construction ou l'isolation comme la paille, le chanvre, la ouate de cellulose, le marché du bois... En outre, l'artificialisation des sols est un problème crucial qui doit être abordé frontalement: on doit y mettre un terme!

Comme nos importations de pétrole nous coûteront 400Md sur 10 ans, pour sortir de ce système et organiser des mutations profondes, l'IRC envisage des investissements massifs en proportion sur 5 ans, soit en théorie par grand axe plusieurs dizaines de millards d'euros...

 

 

2-Les principes

 

-L'Etat doit veiller à la création d'un marché énergétique viable!

L'autosuffisance alimentaire et l' indépendance énergétique renvoient clairement à la question de notre souveraineté, à l'idée d'une France libre! Malheureusement nous sommes clairement ici sur un enjeu de pouvoir en ce sens où la culture étatique de notre classe politique au niveau national a muté en néo-impérialisme ouvertement affiché avec le projet de l'Union européenne, structure idéale pour y organiser de fait son impunité totale. Cela se traduit par un sabordage en règle de toute initiative contraire au maintien d'une culture de rente au profit des grands groupes pourtant préjudiciable au plus grand nombre. Le dossier de l'huile végétale pure (HVP) en témoigne, comme aujourd'hui celui des algocarburants. L'équipe au pouvoir à partir de 2012 doit nécessairement s'engager dans la voie d' une restriction des dépenses de l'Etat sur une part importante des 25Md par an perçus au titre des taxes Tipp et TVA sur les carburants.

 

-L 'Etat doit garantir les prix de l'huile végétale à un niveau élevé, en faire une filière rentable pour les producteurs, une forme de substitution à la fonctionnarisation nous renvoyant à une autre époque de la déprise rurale, leur permettant ainsi une visibilité importante sur le moyen terme.

 

-Il en va de même pour la production de biogaz, y compris à partir de l'exploitation directe du bois (filière initialement autrichienne), celui-ci pouvant servir alors de carburant!

 

-Une fois la rentabilité de cette filière assurée, le niveau de TISRE (ex-Tipp/TVA) ainsi que les prix des autres productions énergétiques doivent muter (cf-Partie 1 tableau de bord fiscal et TISRE) puis être ajustés de manière cohérente.

 

-En extension d'une logique autarcique, le rôle de l'Etat doit consister essentiellement à assurer cette importante transition par le déploiement massif de moyens financiers, à donner des impulsions décisives limitées dans le temps tout en laissant leur libre-arbitre à la multiplicité des acteurs sur le terrain. 

  

Au-delà de la filière touristique, le monde rural ne peut prospérer véritablement grâce à la pluri-activité, pour éviter le risque de n'en faire qu' une échappatoire, que si l'on conserve une dynamique positive de développement. Une stratégie énergétique globale ne peut que contribuer à conforter cette dynamique-là! Elle fera donc l'objet par l'IRC d' un combat politique acharné tant le verrou politico-technocratique se révèle difficile à briser...

 

 

3-La méthode

 

Le développement de cette politique énergétique passe par un mécanisme simple de compensation entre territoires sur la base du pourcentage maximal autorisé de terres affectées à la production d'oléagineux, par exploitation, avec un taux de 10% pour la plaine, jusque'à 40% pour la moyenne montagne et la haute-montagne.

 

Ce dispositif pourrait être décliné ou étendu pour d'autres productions (bioethanol à partir de ressources non alimentaires etc...), et adapté dans les territoires ultra-marins, en tenant compte notamment de la filière algocarburant qui présente un rendement à l'hectare sensiblement supérieur, jusqu'à 600 tonnes à l'hectare par an, dans des conditions d'exploitation toutefois très particulières (cf BFS-sortie de l'économie pétrolière).

 

Ainsi sur le colza ou le tournesol, alors qu'on oscille entre 550 et 900 litres par Ha, le prix de rachat par l'Etat se situerait autour de 0,8 euro le litre (un prix au-dessus du seuil de rentabilité pour l'exploitant au vu des expériences déjà menées, et se situant au niveau du prix actuel du fioul). Ce dispositif serait pris en compte dans la réforme fiscale portant notamment sur l'ensemble des filières énergétiques, puisqu'il faut avoir à l'esprit que sur la filière du bois de chauffage, les exploitants fixent déjà le prix de la corde sur celui du fioul juste avant l'hiver... (cf-article central Partie2) Le coût estimé pour l'Etat serait donc inférieur à 1000 euros par hectare, au final autour de 5-6Md par an pour un apport actuel de Tipp-TVA de l'ordre de 25Md au budget de l'Etat, pour un soutien moyen par exploitation d'environ 14000 euros sur cette filière...

 

Le manque à gagner pour l'Etat ne nous intéresse pas vraiment ici (la gestion saine des finances publiques doit se jouer ailleurs), il s'agit de péréniser une logique d'ensemble, de faire en sorte que les exploitants puissent anticiper à plus long terme, notamment pour les régions défavorisées! 

 

 

4-Mesures complémentaires

 

Ces autres mesures complèteront le dispositif. Par ailleurs, dans le cadre d'un recouvrement de notre souveraineté monétaire et d'une prise de distance par rapport à l'Union européenne, il est sûr que le maquis de subventions qui existe aujourd'hui en sera singulièrement éclairci à terme sans que ce soit au détriment des exploitants...

 

a) à l'échelle des marchés internationaux et de l'Union européenne

-La profusion de normes initiée par les Etats puis relayée par l'Union européenne constitue un enjeu souvent négligé, alors qu'elle ajoute pourtant au surenchérissement des coûts d'exploitation pour les agriculteurs-éleveurs et pour bien d'autres entreprises, pour un coût d'adaptation évalué à 35Md par an... L' IRC y mettra largement un terme! La France n'a en effet que faire d'un duplicata bureaucratique à l'échelon européen de notre propre haute-administration, surtout si c'est pour développer au final un système confus, dégoûtant par ailleurs un certain nombre de bénéficaires des aides auxquelles ils ont droit, masquant le désengagement global de l'Etat! Ainsi, la nouvelle loi, dite de modernisation agricole est un monument du genre en matière de réglementations et de rigidités, jusqu'aux sanctions pénales... (cf- Partie 1 sur la réforme de l'appareil d'Etat). Rappelons simplement que les aides «européennes» ne sont que françaises, la France étant contributrice nette au budget de l'Union!

 

-Une politique de prix ne peut se passer de la constitution en amont de stocks stratégiques, de réserves alimentaires gérés par l'Etat pour produire aussi un effet de lissage sur les prix. Les pratiques spéculatives de certains exploitants sur les grandes productions céréalières seront plus sévèrement encadrées, a fortiori puisque les externalisations négatives ne sont aujourd'hui pas prises en compte, comme on le constate sur le prix du blé ou de la paille pour la filière de l'élevage... 

 

-L' IRC rétablira un système de quota d'importations, mieux que des taxes à l'import au niveau national, instaurera tout de même la TVA sociale pour limiter l'effet de dumping lié au coût salarial plus bas. On ne peut pas oublier que des prix bas supposent une politique déflationniste de bas salaires alors qu'il n' existe que des prix justes ou non! Nous organiserons à l'invers sur 2 à 5 ans la baisse de la TVA sur les produits alimentaires français (à 100%) jusqu' au niveau minimum (5,5% ou autre), créant par la-même un différentiel sur les prix plus conséquent par rapport aux productions étrangères, de l'ordre de 20% !

 

-Nous y intégrerons aussi une dimension environnementale occultée, le transfert d'eau via les importations de fruits et légumes notamment. En effet, il est singulier que l'Espagne exporte aussi facilement des productions agricoles alors qu'une large partie de son territoire est en stress hydrique, au point de générer de vives tensions liées à la co-gestion des ressources en eau avec le Portugal. Il s'agira de revenir à la raison à partir de 2012!

 

-Il est inadmissible pour l'IRC qu'on abaisse le degré d'exigence des consommateurs par rapport aux productions mises sur le marché, aussi seules les importations de produits de qualité seront acceptées, à l'image de notre mode de vie et même à l'image de la réputation de notre pays en terme de qualité de vie.

 

-L' IRC promeut une politique francophone volontariste sur ce dossier lourd qui touche à la question de l'auto-suffisance alimentaire pour nombre de pays!

 

b) à l'échelle nationale

-Un tableau de bord fiscal pour le secteur énergétique et une TISRE, taxe intérieure sur les ressources énergétiques sont des dispositifs indispensables en matière de justice fiscale, pour une structuration cohérente du marché de l' énergie. (cf-Partie 2)

 

-On restructurera un réseau bancaire pour un soutien effectif au secteur productif, tout comme les règles de fonctionnement des mutuelles type MSA. Si le Crédit agricole est devenu une grande banque mondiale, les effets bénéfiques de ses pratiques «mutualistes» sur l'économie agricole sont pour le moins discutables...

 

-La qualité des productions doit être un objectif en lui-même pour ne pas porter atteinte à la dignité des consommateurs, même les plus démunis. Ainsi, l'IRC défendra l'interdiction de certains produits alimentaires portant atteinte à la santé des consommateurs sur le moyen terme (taux de graisses saturées, taux de sucre), ou présentant une qualité dégradée par rapport à un standart même non labellisé.

 

-L'exigence d'une certaine qualité de vie est également un objectif nécessitant une limitation de l'usage d'intrants ayant des conséquences environnementales notables, voire une interdiction de certains produits comme l’insecticide systémique Cruiser 350.

 

-Le prix du lait se stabilise souvent en dessous des coûts de production, aussi la suppression des quotas laitiers à horizon 2015 pourrait-elle être préjudiciable, surtout pour les exploitations de montagne aux plus faibles gains de productivité du travail et plus forts coûts de collecte du lait qu’en plaine. L'IRC défend donc comme système de quotas le modèle canadien qui a largement fait ses preuves!

 

-Mais en matière de politique de prix, la principale mesure consiste évidemment à démanteler les grands groupes de la distribution alimentaire qui écoulent 85% de la production française, puisqu'aucune justification à la concentration n'est pertinente sauf à laisser jouer à ces entreprises (parfois familiales) le rôle de fermiers-généraux au détriment des consommateurs. Ceci fera l'objet d'une loi anti-cartel.

 

-De plus, les contrats mis en place au 1er janvier 2011 entre producteurs et acheteurs seront revus, et étendus au-delà des secteurs du lait et des fruits et légumes. D' une durée minimale de 3 à 5 ans, ils fixeront à l'avance les volumes et les prix auxquels seront achetés les produits.

 

-L' Etat doit également intervenir à limiter la concentration des groupes semenciers, notamment si celle-ci porte préjudice au maintien de la biodiversité et orchestre une privatisation du vivant par brevetage au détriment du bien commun sur la durée.

 

-La France dispose d'une marge de manoeuvre et de relais de croissance sur des territoires mal exploités jusque' alors... Elle peut ainsi combiner le développement agricole de la Guyane sur une grande échelle (120000 exploitations de 20 Ha, pour plus de 300000 emplois créés!) à une réforme du foncier aux Antilles, territoires très densément peuplés. Elle peut en outre reconsidérer les territoires de déprise rurale où l'intervention de l'Etat est indispensable au vu de sa puissance de frappe financière. Cela pourrait justifier là encore une modification de la loi sur la propriété privée.

 

-Il a été démontré l'inégale répartition des aides pour un écart final de revenus de 1 à 4 sur ce secteur d'activité. L'IRC s'efforcera de réduire cet écart pour partie par le développement global de la filière énergétique mais également en fixant une limite à la concentration des terres au-delà de 150Ha par exploitation, déjà le double de la surface moyenne d' exploitation.

 

Dans ce secteur d'activité, le coût de la main d'oeuvre pose certes un problème, mais il est hors de question d'aller dans le sens d'une politique salariale déflationniste comme l'Allemagne le pratique avec l'emploi d' une main d'oeuvre étrangère, une politique de courte vue! Il est bien plus important de jouer la carte de la proximité au niveau local et des barrières douanières au niveau national. La politique de prix est forcément dépendante de la politique énergétique menée dans notre pays, elle dépend aussi largement de l'engagement de l'Etat surtout par rapport à certains territoires qui nécessitent une approche technique plus délicate...

 

c) la ruralité

La question du maintien chez nos «élites» d'une culture républicaine élémentaire se pose avec une acuité criante tant le monde rural a pu mesurer ces dernières décennies le désengagement de l'Etat par rapport aux territoires pourtant les plus défavorisés... L' IRC poursuit ici ses propositions dont certaines peuvent ne pas attendre pour leur mise en oeuvre le bon vouloir du pouvoir central! (cf- Partie 1 réforme territoriale)

 

-Une cartographie d'autonomie énergétique et alimentaire pour chaque commune (cf-Partie 2) nous semblerait nécessaire pour faciliter la montée en puissance des réseaux de production et de commerce locaux. Car bon nombre de Français ont une appréciation très partielle de leur environnement, même proche! Rappelons que la loi anti-cartel concernant les entreprises de la grande distribution alimentaire provoquera forcément la création d'entreprises locales. Cette approche rejoint aussi la question du vivre-ensemble...

 

-Dans la continuité, l'IRC défend l'idée de la création d'une régie autonome de l'énergie dans chaque commune (cf indépendance énergétique), soit pour remplir une mission d'information ou de coordination, soit pour l'exploitation propre d' un patrimoine communal etc... sur un dossier beaucoup plus complexe que celui de la gestion de l'eau tant les interactions comme les innovations peuvent devenir nombreuses! Des pôles de compétitivité pourraient être bâtis dans la foulée.

 

-Le coût de la main d'oeuvre pour le ramassage des fruits posant problème, nous proposons aux communes de prendre en charge la création ou la reprise de vergers pour en faire des vergers communaux, préserver ainsi un patrimoine, contribuer au maintien d'une polyculture. Une filière apicole pourrait être développée en parallèle... Nous posons aussi la question de l'accès à la terre dans nos campagnes, notamment pour les locataires ou propriétaires ne disposant pas de jardin. Cela représente dans notre esprit une forme de non-sens, a fortiori à l'heure où l'on recrée des jardins potagers en ville ou en banlieue. Cette surface pourrait être de 1000m2 minimum par habitat pour ceux qui n'en disposent pas aujourd'hui, et constituerait un critère non négligeable d'attractivité!

 

-Sur chaque exploitation, la tendance suivie doit être à la limitation des intrants pour une consommation d’énergie réduite, la préservation de la fertilité des sols, la protection de la biodiversité. Ceci suppose aussi un accès facilité de l'imagerie satellitaire et aux systèmes type GPS à l'ensemble des exploitants.

 

-Du fait de la déprise rurale, toutes les parcelles non mécanisables ont été terrassées, ou définitivement abandonnées. Une politique d'investissement lourd peut toutefois amener à reconsidérer ce point, des outils permettant de travailler aujourd'hui dans des pentes à 45%.

 

-Sur le maintien des services publics, l'IRC défend là encore une position volontariste et républicaine. La dégradation de la qualité du réseau électrique étant inacceptable, l'Etat reprendra la main sur les dossiers d'investissement menés par EDF à l'étranger au détriment de nos compatriotes. Dans le cadre de notre politique énergétique, l'ouverture à la concurrence sera mise à bas, directive européenne ou pas! Nous reprendrons donc la part de production nucléaire concédée abusivement à des acteurs étrangers sur cette base dogmatique stupide, tant les Français se sont impliqués par leurs impôts dans le développement de ce patrimoine industriel, au fil des décennies. De même, la qualité de l’énergie distribuée sur l'ensemble du territoire ne peut être adossée à des pratiques de zonage anti-républicaines! L' IRC tient à dénoncer l'unanimisme des partis dits de gouvernement à bazarder nos intérêts vitaux au vent mauvais de la construction européenne, la libéralisation du secteur de l'énergie ayant aussi été votée par le PS! Que chacun prenne ses responsabilités, l'IRC accueillera volontiers dans ses rangs les élus locaux qui en auraient assez de payer le prix fort au niveau local l'incurie ou la trahison de leurs «élites» nationales.

 

-Le très haut-débit grâce à la fibre optique doit ainsi être accessible au plus grand nombre, et si le coût du projet est estimé à 20-25Md voire 40Md, le fonds d'aménagement numérique des territoires (Fant) a été doté de seulement 2 milliards d'euros... Soyons sérieux! L'IRC sait pourquoi elle prône le retour à la souveraineté monétaire, simplement parce que des investissements massifs dans ce cadre ne nécessitent fondamentalement que le feu vert des autorités politiques, il suffit de se pencher sur la politique menée dans les années 50-60-70 pour le mesurer pleinement (cf- Partie 1)... L'euro(mark) n' a été au final qu'un outil déloyal entre les mains des autorités allemandes qui avaient anticipé un effondrement des capacités d'exportation de leurs partenaires dès lors que ceux-ci ne pourraient plus dévaluer comme à leur habitude pour rester compétitifs... Quant aux «élites» françaises actuelles qui devraient par ailleurs oeuvrer à résorber nombre de disparités entre territoires, l'IRC se félicite à l'avance de pouvoir leur présenter une très belle ardoise dans les années à venir...

 

L'agriculture étant un secteur stratégique, les propositions mises en avant par l'IRC reposent sur la défense de nos intérêts vitaux dans ce secteur d'activité, en opposition frontale à l'Union européenne, suivant l'exemple de pays comme la Norvège ou le Canada... De fait l'IRC propose une autre approche du productivisme actuel, plus qu' une remise en cause frontale qui dresserait de toute façon les Français les uns contre les autres. D'ailleurs, nombre de Français n' ont pas véritablement accès à son pendant, le consumérisme, que certains mouvements politiques dénoncent pourtant comme une tare majeure...  L' IRC cherche à bâtir une stratégie énergétique propre à ce secteur d'activité, tout en conservant une certaine souplesse d' esprit, sans adopter de corps de doctrine ou de positions trop figés tant les mutations à venir devraient être très importantes...

 

 

 

le 3 janvier 2011,

 

le Conseil national de l' IRC                                                              (Tous Droits Réservés)

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 08:19

 

Selon l’Observatoire de l’énergie, la facture énergétique (gaz et pétrole) était de 46,1Md en 2010 dont plus de 35Md pour le pétrole seul (48% de la consommation énergétique finale en 2007), avec un coût global qui évolue à la hausse (+15% en 2010)... Sur les 10 ans à venir , on aurait donc au moins 400 milliards d’euros de perte sèche pour la France, soit une perte annuelle de plus d’une fois et demie le budget de la Recherche. L'urgence exigerait qu'on pense ce dossier comme dans une économie de guerre, hyper-rationnelle et pour cause... Ainsi l' IRC réclame la mise en œuvre d’un vaste plan coordonné de sortie de l’économie pétrolière sur une période de 5 à 10 ans.

 

Par principe, on rechercherait donc un effet d’entrainement maximal par réallocation d’actifs budgétaires à différentes échelles spatiales, temporelles ou sectorielles. On viserait ainsi une externalisation de la production moindre, et donc une internalisation des profits, avec tous les effets d’entrainement que cela suppose: le principe d’une monnaie franche transposé aux secteurs industriel, artisanal et agricole. Ceci supposerait des efforts de recherche et d' investissements massifs portés à au moins 35Md d'euros par an, autour de 2% du PIB...

 

Un rappel: selon la Loi-programme du 13 juillet 2005, la France devait se donner les moyens d’une indépendance énergétique, une sécurité d’approvisionnement, des prix compétitifs, assurer une préservation de la santé humaine et de l’environnement, garantir la cohésion sociale et territoriale... Ce texte avait été prolongé par le livre vert de la Commission européenne en mars 2006, sans qu’il soit avancé de solution crédible…Force est de constater que l'UMP s'est montrée incapable de se hisser à la hauteur des enjeux! Car le rôle d'un Etat stratège est bien celui d'anticiper, comme on le constatera à travers l'exemple emblématique de l'entreprise (BFS) productrice de «pétrole bleu» (merole)...

 

 

Pour une approche globale

 

La fiscalité française sur le secteur énergétique manque de lisibilité et de cohérence, permet l'orchestration de rentes de situation, génère des phases de spéculation pure au détriment du bien commun! Face à cette situation, l' IRC propose plusieurs changements notables...

 

1- un Ministère d' Etat en charge de la Politique Maritime

Ce Ministère d' Etat en charge de la politique maritime comporterait un Collège de représentants, au moins un pour chaque espace maritime. Y seraient rattachés:

-un Secrétariat à l'Outremer (collectivités territoriales ultra-marines) ne dépendant donc plus du Ministère de l'Intérieur...

-un Secrétariat d' Etat en charge de la Pêche et des Affaires maritimes (étude, préservation, exploitation des ressources en milieu marin, commerce maritime).

-le Secrétariat en charge de la Coopération et de la Francophonie.

 

Selon l' Ifremer, le marché mondial des énergies marines serait de 10 à 30 fois supérieur au marché européen tandis que la France dispose du deuxième espace maritime au monde... Même si les enjeux sont multiples, à court terme celui des algocarburants, dont le rendement à l'hectare apparaît en effet bien supérieur (jusqu'à 600 tonnes à l'hectare!) à celui des agro-carburants, justifierait à lui seul que la France monte en puissance par rapport à la mise en valeur de ses territoires ultra-marins et espaces maritimes, de ses collectivités locales disposant d'une façade maritime, pour occuper une des premières places au niveau mondial.

 

Ainsi, nous abordons l'avancée technologique de l'entreprise franco-espagnole (Bio Fuel System BFS) qui produit un pétrole artificiel dit «pétrole bleu» (marketing), en fait du merole produit grâce à des micro-algues exploitant l'énergie solaire et les rejets de CO2 d' usines déjà existantes... Fort de la vente de sous-produits comme les omégas 3 dans un rapport en volume de 1 à 150 par rapport au «pétrole bleu», BFS nous promet un baril à 30 dollars contre plus de 100 en avril 2011, et alors que le PDG de Total lui nous annonce un baril de pétrole à 200 dollars à l'avenir... L' IRC souhaite donc clairement contribuer à la mobilisation des Français en faveur de BFS ou d'autres acteurs de cette filière, des entreprises qui nous renvoient aussi à un modèle de développement économique auto-centré qui n'est pas nécessairement celui imposé par les multinationales ou l'Union européenne... Soulignons l'inertie de l'UMP et de la représentation politique nationale alors que BFS vient de signer avec Pétrobras (multinationale brésilienne)...

 

Précisons que les rendements seraient suffisants avec un ensoleillement à 120 Kilocalories/M2/an sur la façade méditerranéenne, a fortiori en Calédonie, Polynésie, la Réunion et la Guyane avec environ 160 Kilocalories/M2/an... Par ailleurs, le premier site développé se situant à Alicante, on évoquait pour l'Espagne la création de 50000 emplois très qualifiés pour cette seule filière... On peut évidemment considérer l'intérêt de coopérations sur ces énergies nouvelles et autres domaines de recherche dans le cadre de la Francophonie!

 

 

2- un tableau de bord fiscal et une TISRE

Dans le cadre d'une approche globale du secteur de l'énergie, ce tableau récapitulerait les coûts de production, les prix à la consommation et leur évolution, le niveau de taxation par l'Etat pour chaque secteur de production énergétique. Il préciserait des perspectives claires, intelligibles pour le plus grand nombre... Ainsi, il intégrerait d'emblée, concernant les anticipations pour les secteurs émergents, un coût plus élevé de l'énergie grâce à la mise en place d' une TISRE, taxe intérieure sur les ressources énergétiques, modulable par secteur énergétique en fonction des investissements à financer qui portent forcément sur plusieurs dizaines de milliards d'euros. Ainsi le 3 février 2011, le cours du baril de pétrole était à 66,32 euros, soit 0,417 euro/l, donc moins de 0,6 euro/l une fois raffiné... Un prix plafond (1,30/l) sur les carburants pourrait être imposé par l'Etat (évidemment sous pression populaire!)... De plus, dans le cas d' un carburant produit pour 30% à 2 euros/litre sur le territoire national et pour 70% à 1 euro hors de France, on obtient bien 1,30/litre... en théorie car BFS nous promet un algocarburant à un coût de production bien inférieur, le raffinage étant restreint...

 

Cela se traduirait probablement au début par un niveau très élevé de la TISRE (ex-Tipp-tva), pour 1,30/1.50 euro le litre de carburant au grand maximum, par la suppression à terme des allègements fiscaux auourd'hui liés à la Tipp, sur le kérosène, la possibilité d’utiliser du fioul domestique comme carburant dans l’agriculture et le BTP (mécanisation), l’aéronautique, les taxis, pour un coût annuel de plus de 4Md d’euros qui pourraient servir au développement d'une vraie politique maritime (développement des algocarburants etc...).

 

La tarification EJP (effacement des jours de pointe) de EDF serait modifiée pour tenir compte de la hausse du coût de l'énergie et étendue à l'ensemble des contrats signés avec les Français car son caractère très modulable constitue un atout. On y mesurerait par ailleurs toutes les conséquences et effets de levier d’une hausse très importante du prix de l’électricité sur 5-10 ans, l'Etat restant l'actionnaire majoritaire d' EDF et d' Areva. Au vu de ce qu'est la fiscalité actuelle, la marge de manoeuvre reste encore très importante pour les décideurs politiques!

 

 

3- une cartographie d'autonomie énergétique et alimentaire

Comme il est essentiel que la population s' empare de ces questions fondamentales, une cartographie exhaustive d'autonomie énergétique et alimentaire, pour chaque territoire en descendant au niveau communal, nous apparaît indispensable. Elle faciliterait à terme le fait de pallier les insuffisances, limiter drastiquement le coût des transports en (re)créant de nouvelles synergies locales où chacun s'impliquerait à sa guise... Elle amènerait une mobilisation de la population autour de technologies à développer localement comme celles liées à la filière bois (énergie et logement) ou celle des chauffe-eau solaires, du merole («pétrole bleu») sur les façades maritimes etc... En conséquence, cela constituerait un outil d'aménagement du territoire facilitant la protection de notre tissu économique. En outre, ce dossier a une dimension francophone évidente car à une autre échelle, indépendance énergétique ou auto-suffisance alimentaire relèvent aussi souvent aujourd'hui de liens d'interdépendances entre pays, or la France est bien présente sur cinq mers du globe... tandis que son taux d' indépendance énergétique serait encore inférieur à 20%!

 

 

4- La création d'une régie autonome de l'énergie dans chaque commune

Le principe de la gestion publique est de privilégier l’équilibre financier plus que de générer une marge telle qu'on la retrouve dans les contrats de délégation de service public. De fait elle renvoit à un système de valeurs, autour de la notion de bien commun, qui n'a plus guère cours au niveau national. Ainsi, à défaut d'une politique de diffusion de hautes technologies liée à une politique gouvernementale orientée au profit des grands groupes, elle peut jouer un rôle de veille technologique (communale et départementale) comme favoriser le développement d'une expertise propre plus poussée. Sa création est aussi hautement justifiée car en amont le dossier est beaucoup plus complexe que pour la gestion de l'eau au vu de l'éventail disponible de technologies et du potentiel spécifique à chaque commune, de même qu'en aval pour les capacités de négociation qu'elle offre avec des acteurs tiers (collectivités territoriales, Etat central, grands groupes privés ou publics, entreprises sous-traitantes). Une régie autonome permet donc de tenir compte de la structure même de l'économie française, comme de bénéficier d'uncontrôle démocratique accru en son sein ou de mener efficacement une véritable politique d'investissement grâce aux bénéfices d'exploitation. Les communes n'ont de toute façon pas les moyens d'entrer dans la même logique de fonctionnement que leurs autres partenaires, la gestion des plus-values devant conduire à leur maximisation par chaque commune sur leur territoire.

 

 

Un enjeu de pouvoir, un enjeu stratégique

 

Le secteur énergétique est un enjeu stratégique, ce d' autant plus que nous sommes confrontés à une crise majeure! Des répercussions négatives peuvent se faire sentir rapidement sur le coût de l'énergie au vu des problèmes liés au renchérissement des services para-pétroliers, coûts d’exploitation, multiplication des campagnes de prospection et mise en exploitation de nouveaux gisements, sans même parler de tensions internationales encore plus graves… On ne peut admettre que l' Etat se retrouve sur un faux rythme de gestion au fil de l'eau, à laisser acculée demain la population...

 

Sur un autre front, les Français doivent en plus faire face à la politique de dérégulation européenne du marché de l’énergie. Ainsi, le gouvernement UMP a prévu qu' EDF cède une partie non négligeable de sa production d'origine nucléaire, environ 30%, sur pseudo «injonction» de la Commission européenne. Ce démantèlement serait sensé simuler la concurrence dans un secteur nécessitant pourtant des investissements lourds, 24Md d'euros pour assurer la continuité du parc sur 40 ans au lieu de 30... La libre concurrence touchera tous les domaines d'activité à terme, il s'agit bien d' un dogme inscrit dans le Traité de Lisbonne pour notre plus grand préjudice!

 

Une politique d'investissement dans le secteur énergétique ne peut être fondée sur un système de rente sans vision à long terme, et sans l'adhésion de la population. De fait, à l'heure où chacun devra se focaliser à réduire sa consommation énergétique en se basant d'abord sur les ressources de son environnement proche, les exécutifs locaux tout comme la population doivent monter en puissance rapidement sur cet enjeu, ne serait-ce que pour préserver notre patrimoine national commun (EDF...), bâti par des générations de Français, mais aussi pour assurer la montée en puissance des filières de production d'énergies renouvelables sur notre territoire!

 

Dans la continuité, l'IRC envisage d' interdire totalement les importations sur le marché des énergies renouvelables par nature liées à l'exploitation des ressources locales! Hors transfert de technologies (licence ou implantation locale), il est inconcevable sur un secteur aussi stratégique de ne pas d'abord miser sur un développement auto-centré...

 

Comme objectif central, l' IRC souhaite donc obtenir de véritables avancées pour les ménages français sur ces quatre postes budgétaires qui tous relèvent d'une approche énergétique à des degrés divers...

-logement (à énergie positive etc...)

-alimentation (productions nationales, circuits de commercialisation courts etc...)

-transport (véhicules "propres", transports en commun etc...)

-production d'énergie (en tant que telle et sous toutes ses formes...)

En théorie, on pourrait donc envisager une politique d'investissement par secteur à plusieurs dizaines de milliards d'euros sur 5 ans... Là se situe d' abord le véritable gain en terme de «pouvoir d'achat» des ménages, leur marge de manoeuvre sur le long terme...

 

 

Sur l'industrie automobile

 

Nous consommons chaque année 50Mtep dans le domaine du transport. L’industrie automobile française semble promise au même sort que l’industrie textile, la production nationale chute ou est délocalisée, y compris chez les équipementiers, avec une hausse des approvisionnements en provenance des zones de production à bas coût et aujourd'hui une production à l’étranger surpassant la production nationale…

 

L’objectif concret consisterait alors à aller vers une «internalisation industrielle et écologique à effet de levier fort», à renouveler rapidement le parc automobile français (plus de 35millions de véhicules) par une vaste politique de l’offre contracyclique, à créer une nouvelle civilisation des transports car nous disposons de tous les atouts nécessaires pour la mettre en œuvre! Si cette ambition est affichée, 100% des véhicules pourraient être équipés en «technologies propres» d’ici 2017! Il y a nécessité à promouvoir un éventail le plus étendu de technologies, des algocarburants aux véhicules hybrides ou électriques... Rappelons toutefois que le facteur déterminant pour abaisser la consommation de carburant, sur lequel l'Etat devrait exiger une contre-partie auprès des constructeurs, porte sur la masse initiale des véhicules! L'Etat a également toute latitude pour se pencher sur la vitesse maximale autorisée sur les différents axes routiers.

 

A l'évidence, aujourd'hui au vu des enjeux et des primes versées, on note que certains secteurs d'activité relèvent presque d'une forme d' économie administrée... Aussi, face aux insuffisances du seul marché, l' IRC envisage:

-d'interdire les importations de véhicules, pour la relance de notre économie.

-de laisser produire une gamme limitée de véhicules remplissant un certain nombre de critères très exigeants de masse, puissance, consommation de carburant, voire prix... en fait d'orienter drastiquement le marché, pas seulement par le biais de la fiscalité!

-de déterminer une prime fixe et unique pour le soutien à l'achat.

 

L' organisation générale du mode de vie, notamment sur la question des circuits de production-commercialisation dans le secteur alimentaire, s'avère aussi capitale à prendre en considération...

 

Enfin, ce dossier est très emblématique parcequ’il touche de près la population, et parce que le poste budgétaire du transport contribue à «asphyxier» les personnes se situant à un bas niveau de salaire, alors que leurs besoins en terme de mobilité sont justement prépondérants.

 

Sur cette approche, le coût final de ce projet de sortie de l'économie pétrolière sur 10 ans est à rapprocher de celui de la facture pétrolière sur la même période On mesure alors bien l'écart qui nous sépare d'une véritable politique ambitieuse et volontariste dans ce domaine, dégagée du fatras institutionnel européen, replaçant au coeur des dossiers d'investissement sur le long terme la souveraineté monétaire!

 

 

 

le 10 Novembre 2010,

 

le Conseil national de l'IRC                          (Tous Droits Réservés)

 

 

 

 



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